Showing posts with label La. Show all posts
Showing posts with label La. Show all posts

Tuesday, December 13, 2016

Rencontre avec les artisans de la COP21 épisode 8 Yves Mathieu et le débat citoyen planétaire

0 comments

La lutte contre le changement climatique n'est pas qu'une question d'experts et les sommets de l'ONU sur le climat ne sont pas réservés aux diplomates. Chaque habitant de la planète, quelle que soit sont origine, est concerné puisqu'il est à la fois victime potentielle du réchauffement et contributeur à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Mais comment prendre en compte l'avis des citoyens dans des discussions aussi complexes ? C'est à ce défi que s'attaque le "débat citoyen planétaire sur l'énergie et le climat" organisé le 6 juin avec le soutien de l'UNFCCC. Yves Mathieu, codirecteur de Missions Publiques, est un des initiateurs du projet. Il nous explique de quoi il s'agit :




Le débat citoyen planétaire est un exercice de démocratie participative d'une dimension inédite : le 6 juin, des panels de citoyens seront réunis dans plus d'une centaine de pays. Selon un protocole identique pour tous, ils échangeront leurs points de vue et répondront à 30 questions sur les enjeux de la COP21. Leurs réponses seront mises en ligne en temps réel sur le site du World Wide Views où l'on verra se dessiner au fur et à mesure que les discussions avances dans chaque créneaux horaires une opinion mondiale sur le changement climatique. Les résultats seront ensuite consolidés et analysés et remis aux décideurs lors de la conférence de Paris.

Un nouvel épisode de cette série est publié chaque jeudi. Pour n'en manquer aucun, abonnez-vous à ma chaine Youtube.
Les rencontres précédentes :
  • Alice Audouin et Art of Change 21
  • Vincent Laurent, Alternatiba et le village des alternatives à Paris
  • Didier Saulnier et Artists 4 Paris Climate 2015
  • Mathilde Imer, le WARN et la Conference of Youth
  • Brice Lalonde sur le Business & Climate Summit
  • Kamera Vesic sur "Welcome chez moi" 
  • Sylvianne Villaudière sur SolutionsCOP21
Vous recherchez d'autres événements ? Voici l'agenda de toutes les manifestions autour de la COP21.
Vous avez un projet et vous souhaiteriez apparaître dans cette rubrique ? Parlez-moi en.

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



Monday, November 7, 2016

COP20Lima Suivez la conférence de lONU sur le climat comme si vous y étiez grâce à Twitter !

0 comments

La 20e conférence des nations unies sur le climat s'ouvre le 1er décembre à Lima. Si vous n'avez pas la chance d'être sur place, vous pouvez tout de même suivre la conférence de l'intérieur grâce aux comptes Twitter des très nombreux participants à la COP20.
Vous pouvez suivre tous ces comptes d'un seul coup en vous abonnant à cette liste.

Disclaimer : Il n'est pas possible de mettre tout le monde... J'ai essayé de maintenir un bon équilibre entre quantité et qualité mais si vous avez des suggestions ou des bonnes adresses à proposer, n'hésitez pas !

Continuer la lecture »

Monday, October 31, 2016

Rencontre avec les artisans de la COP21 épisode 2 Kamera Vesic présente Welcome chez moi

0 comments

Vous avez entendu parler de la conférence de Paris sur le climat, mais vous n'y voyez qu'un rendez-vous destiné aux diplomates et aux experts du changement climatique ? Détrompez-vous. Ce sera aussi une grande mobilisation de la société civile : ONG, entreprises, collectivités, universités, etc. se mobilisent pour participer à ce débat planétaire.
Chaque mercredi, je vous propose de rencontrer un acteur de cette mobilisation : Quels sont ses projets ? Quels est sa vision ?Pourquoi a-t-il choisi de s'engager sur les questions climatiques ? Pour ne ratez aucun de ces entretien, n'hésitez donc pas à vous abonner à ma chaine Youtube.

Et aujourd'hui, faites la connaissance de Kamera Vesic, présidente de l'association Pikpik Environnement qui organise à l'occasion de la COP21 l'opération "Welcome chez moi".


Vous pensiez que la conférence de Paris sur le climat est éloignée de votre quotidien ? Avec "Welcome chez moi", Pikpik s'apprête à faire de votre salon et de votre chambre d'amis une annexe du Bourget - où se dérouleront les négociations...
Comment ? En vous aidant à organiser des "apéros climat" pour sensibiliser vos proches à la question du changement climatique et aux écogestes et en vous proposant d'héberger, gratuitement ou non, quelques uns des 40.000 visiteurs qui sont attendus à Paris à la fin de l'année pour assister à la conférence.

Vous recherchez d'autres événements ? Voici l'agenda de toutes les manifestions autour de la COP21.
Vous avez un projet et vous souhaiteriez apparaitre dans cette rubrique ? Parlez-moi en.

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



Tuesday, May 10, 2016

Rencontre avec les artisans de la COP21 épisode 5 Didier Saulnier et Artists 4 Paris Climate 2015

0 comments

Le conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015 vous semble une réalité lointaine ? Sans grandes conséquences pour votre vie quotidienne ? Détrompez-vous : derrière les négociations entre diplomates et experts se cachent des questions très concrètes sur nos modèles de société et nos conditions de vies... C'est pourquoi de nombreuses personnes s'activent déjà pour que la COP21 (le petit nom de la conférence de Paris en jargon onusien) mobilise la société civile et soit l'occasion d'un vrai débat.
Chaque mercredi, je vous propose de faire la connaissance d'une de ces personnes, de comprendre son parcours, ses convictions et les projets qu'elle défend.Pour ne ratez aucun de ces entretien, n'hésitez pas à vous abonner à ma chaine Youtube.

Et aujourd'hui, je vous invite à rencontrer Didier Saulnier qui a créé le projet Artists 4 Paris Climate 2015.


L'objectif de cette opération originale est double. D'une part, il s'agit de sortir des discours habituels sur le climat et de mobiliser en faisant appel à l'art contemporain, notamment à une trentaine d'artistes mondialement reconnus qui interviendront à Paris et en région parisienne pendant la COP21. D'autres part, Artists4Climate organisera la vente aux enchères d'oeuvres présentées pendant la conférence afin de financer des projets de lutte contre le changement climatique et la désertification dans des pays du Sud. L'art sera donc à la fois un moyen de sensibiliser et d'agir...

Les rencontres précédentes :
  • Mathilde Imer, le WARN et la Conference of Youth
  • Brice Lalonde sur le Business & Climate Summit
  • Kamera Vesic sur "Welcome chez moi" 
  • Sylvianne Villaudière sur SolutionsCOP21

Vous recherchez d'autres événements ? Voici l'agenda de toutes les manifestions autour de la COP21.
Vous avez un projet et vous souhaiteriez apparaître dans cette rubrique ? Parlez-moi en.

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



Wednesday, March 23, 2016

De la psychologie du climato sceptique et de lart de lui répondre

0 comments

Il m'arrive assez régulièrement de trouver sur ce blog des commentaires qui mettent en doute l'existence du réchauffement climatique ou le rôle des émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine dans ce changement. Cela va du simple troll jusqu'à de longues argumentations auxquelles l'auteur -presque toujours anonyme- a manifestement consacré du temps.
Pendant longtemps, j'ai regardé ces messages avec amusement. Et aussi un peu de curiosité : Qui sont ces inconnus qui arpentent le web pour faire partager leur lubie ? Qu'est-ce qui peut bien les motiver ? Et puis, il y a quelques mois, je me suis décidé à répondre à ces commentaires. Non parce que j'espère convaincre leurs auteurs mais parce que je ne veux pas laisser le champ libre à la désinformation sur mon blog, même dans les commentaires.

En même temps que je menais cette petite guérilla, je me suis penché sur la psychologie et les méthodes du climato-sceptique (qui, figurez-vous, sont des sujets de recherche tout à fait sérieux). Je vous propose dans cet article une rapide synthèse de ce que j'ai appris, à la fois par la pratique et au travers de ces recherches. Avec l'espoir que cela puisse être utiles aux blogueurs, journalistes, community managers ou autres qui font face aux mêmes personnes.


Climato-sceptique ou climato-négationniste ?


D'abord il convient de bien nommer les choses : ici on ne parle pas de doute scientifique (demander des preuves avant d'adopter une opinion) mais au contraire de personnes qui ont déjà une opinion arrétée et qui évaluent la validité des arguments scientifiques en fonction de leurs convictions. Le "climatosceptique", paradoxalement, n'est en général pas un sceptique : il est certain d'avoir raison et le doute dont il se réclame ne s'applique qu'aux thèses qu'il rejette.
Pour faire cette distinction, l'anglais a deux termes climate skeptic et climate denier. Le second pourrait se traduire par "négationniste du climat", une expression qui n'a pas encore fait son chemin en français mais qui reflète bien la réalité du phénomène : comme  le négationiste historique, le négationniste scientifique défend une thèse manifestement erronée ("le changement climatique n'existe pas", "l'homme a été crée il y a 6000 ans", "il n'y a pas de lien entre HIV et SIDA", "les vaccins causent l'autisme", etc...), malgré un consensus scientifique écrasant soutenu par de nombreuses preuves.

Evidemment, si on laisse de coté les quelques individus qui y ont intéret personnel ou professionnel, le négationnisme scientifique parait incompréhensible : qu'est-ce qui peut bien pousser un individu, qui généralement n'a pas les moyens d'effectuer ses propres recherches, à adopter et défendre une opinion à l'encontre du consensus scientifique ?
Cette question a fait l'objet de plusieurs études qui tendent à montrer que le négationnisme scientifique, comme le négationnisme historique, est généralement d'origine idéologique. On peut citer, par exemple, l'experience conduite par l'Université de Washington : des cobayes reçoivent une coupure de presse présentant un rapport sur le changement climatique, ils sont ensuite invités à évaluer cette menace. Il existe deux versions de l'article qui décrivent dans les mêmes termes la hausse des températures, le rôle de l'homme et les risques en cas d'inaction, la seule différence se trouve dans les conclusions : la première version recommande la régulation des émissions de dioxyde de carbone, la seconde plaide pour une déréglementation de l'industrie nucléaire. Résultat : les lecteurs de tendance libérale-conservatrice auxquels on a soumis la version "régulation" voient dans le changement climatique un danger moindre que ceux qui ont reçu la version "nucléaire", en fait ils l'évaluent même en dessous du groupe de contrôle (qui n'a lu aucun des deux articles). En d'autres termes, l'information reçue est inefficace lorsqu'elle est associée à une recommandation à laquelle le lecteur n'adhère pas, elle a même tendance à être contre-productive...

Pour le négationniste, consciemment ou non, une information scientifique ne peut être correcte que si elle est en accord avec sa représentation de soi et du monde. On parle pour décrire ce phénomène de lyssenkisme (du nom du biologiste soviétique Trofim Lyssenko qui crut pouvoir appliquer la lutte des classes à l'agronomie).
Parce qu'il est lyssenkiste, vous ne pourrez jamais convaincre un climatosceptique par un argument scientifique : en réalité, même s'il place la discussion sur le plan scientifique, ses objections sont d'ordres politiques, morales ou religieuses...


Comprendre les stratégies pour y répondre


Si vous voulez quand même lui répondre, sachez que dans la plupart des cas votre interlocuteur ne cherche pas à étayer son opinion mais à affaiblir la votre. Selon une vieille stratégie théorisée par l'industrie du tabac il y a plus d'un demi-siècle, il s'agit de créer du doute... Pour cela, il peut recourir à trois méthodes : il peut soit 1) mettre en doute l'existence même d'un consensus scientifique, 2) attaquer les personnes (vous, les scientifiques, les institutions, etc.), 3) remettre en cause directement la théorie scientifique.
Si vous parvenez à classer les arguments de votre interlocuteur dans une des ces catégories, vous pourrez plus facilement y répondre :

  1. S'il met en doute le consensus

    La technique est assez simple, on pourrait résumer ainsi : "Je ne suis pas scientifique mais je sais qu'il existe des chercheurs qui doutent du réchauffement climatique. Attendons que le débat soit clos avant d'agir." Une compilation de la littérature conservatrice aux États-Unis a montré que c'est l'argument le plus souvent utilisé pour nier le changement climatique.
    Que répondre ? D'abord, on peut rappeler que 500 ans après la première circumnavigation, il existe encore un certain nombre de personnes convaincues que la Terre est plate : l'unanimité est hors de portée quel que soit le sujet... Mais ce n'est pas l'unanimité qui définit une certitude scientifique, c'est l'existence de nombreuses preuves convergentes (en théorie des sciences, on parle de consilience) en particulier lorsqu'elles sont partagées par des scientifiques issus de plusieurs disciplines et de différentes origines géographiques. Ce qui est le cas pour le changement climatique.
    D'un point de vue plus terre à terre, de nombreuses études ont tenté d'évaluer l'existence ou non d'un consensus sur le changement climatique dans la communauté scientifique. Avec des méthodologies différentes (sondage, revue des publications, étude des prises de parole publiques...), elles sont toutes parvenues à un constat similaire : le consensus scientifique est de l'ordre de 97% depuis le début des années 90 (voir ici, ici, ici ou ici, entres autres).

  2. S'il s'attaque aux personnes

    Quel que soit le sujet, si vous pensez avoir raison contre 97% des scientifiques et 80 académies nationales des sciences, il faut bien que, en dépit des apparences, tous ces gens soient des idiots et/ou des conspirateurs. C'est pourquoi l'attaque ad hominem est pratiquement une figure obligée de tout discours négationniste. On en trouve de multiples avatars : des attaques ciblées contre certains chercheurs (le cas de Michael Mann est emblématique mais loin d'être unique) ou contre des figures médiatiques (Al Gore, par exemple), contre le GIEC ou les climatologues en général, voire tout simplement contre vous... Ces attaques ne se limitent pas à quelques commentaires de blogs : elles peuvent prendre la forme de procès abusifs, de plaintes auprès des autorités académiques, de diffamations, de piratages informatiques, de menaces, etc. (Lewandowsky et al., 2013) Et ça marche... il en résulte une forme d'autocensure qui a conduit les climatologues à ne pas publier leurs prévisions les plus pessimistes (Brysse et al., 2013).
    Que répondre ? Attaquer les personnes faute de pouvoir réfuter les idées est un recours traditionnel de l'obscurantisme, ne vous y laissez pas entraîner. Essayer plutôt de ramener la discussion dans le champ scientifique : la qualité de travaux ne dépend pas de leurs auteurs mais de leur contenu. Vous pouvez au passage rappeler que la liberté académique, c'est-à-dire la possibilité de conduire des recherches et d'en rendre compte même si elles déplaisent à tel ou tel groupe politique, économiques ou religieux, est indispensable au progrès scientifique (et, accessoirement, garantie en France par le Conseil Constitutionnel et le Code l'Education).

  3. Si son objection est d'ordre scientifique

    Ici, on a que l'embarra du choix : il peux s'agir de contester les données et les observations ("le réchauffement a cessé en 1998", "les mesures de température ne sont pas fiables", "les glaciers progressent"...), de mettre en doute les modèles ("on ne sait pas prévoir le temps qu'il fera dans deux semaines", "le GIEC a revu ses prévisions"...), de proposer des théories alternatives ("le soleil est responsable du réchauffement climatique", "ce sont les rayonnements cosmiques", "les volcans", etc.). Malgré leurs variétés, ces arguments reposent souvent sur la même chose : une méconnaissance du sujet, des raisonnements fallacieux (paralogisme, tautologie, fausse analogie, faux dilemme, etc.) et/ou un choix de données orienté - ce que les anglophones appellent "cherry picking".
    Que répondre ? Même si vous voyez les erreurs de votre interlocuteur, je vous conseille de partir du principe qu'il est de bonne foi et que lui-même pense que son argument est valide : plusieurs ressorts psychologiques, comme le biais de confirmation, peuvent expliquer que des personnes d'ordinaire rigoureuses acceptent un raisonnement faux. Expliquez l'erreur et faites preuve de pédagogie. Pour vous aider, vous pouvez trouver ici (en anglais) des réponses détaillées à la plupart des arguments climatosceptiques.


    Quelques conseils pratiques


    Avant de répondre à un climato-sceptique (ou à un négationniste scientifique, quel que soit le sujet), surtout sur internet, vous devez avoir conscience :
    • Que c'est un combat inégal : vous avez face à vous le plus souvent un anonyme, dont l'objectif n'est généralement pas de montrer qu'il a raison de mais de faire croire que vous avez tort, ce qui lui permet notamment de se contredire sans sourcilier d'une ligne à l'autre et de crier victoire si votre position varie d'un iota.
    • Mais que vous n'êtes pas seul : identifiez les passages clés de l'argumentation de votre contradicteur et passez-les à la moulinette d'un moteur de recherches, vous pourrez ainsi en déterminer l'origine et voir si d'autres ont déjà répondu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à renvoyer vers les réponses existantes.
    • Que vous êtes maître de la discussion : soyez celui qui pose les questions, qui oriente les échanges, donne le ton... Une fois dépouillé du vocabulaire pseudo-scientifique, un "argument" climatosceptique se réduit en général à une série d'affirmations vagues et embrouillées, ne faites pas l'erreur d'essayer de répondre en fonction de ce que vous pensez avoir deviné de la position de votre interlocuteur. Commencez plutôt par lui faire énoncer de façon claire (et si possible sourcée) quelle est sa thèse, ensuite vous pourrez argumenter sans chasser des fantômes. A ce moment-là, il changera souvent de sujet ("Expliquez-moi plutôt pourquoi etc."), à vous de garder une discussion suivie et centrée sur le sujet initial.
    • Que vous ne vous adressez pas à votre interlocuteur mais aux autres lecteurs : résistez à la tentation de forcer le trait ou d'amener la discussions sur un plan personnel (les qualifications du commentateur, ses motivations...), contentez vous de démonter son raisonnement ou les faits qu'il avance de façon aussi précise et rigoureuse que possible.

    Bonne chance !



      Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



      Tuesday, June 2, 2015

      Infographie Le prix du pétrole est ridiculement bas La preuve

      0 comments

      Le baril de pétrole navigue ces jours-ci entre 30 et 35$ le baril (au dernier pointage : 32.9 pour le Brent et 31.3 pour le WTI). Cela représente une chute vertigineuse depuis les 115$ par baril de mi-2014, mais se rend-on bien compte à quel point le pétrole est bon marché ?
      Continuer la lecture »

      Thursday, May 28, 2015

      Linspection du travail à la Croix Rouge et après Plaidoyer pour une responsabilité sociétale des ONG

      0 comments

      Responsabilité sociale et environnementale à la croix rouge et dans le secteur associatif
      Comme vous le savez si vous faites partie de mes lecteurs les plus fidèles, j'ai été jusqu'en décembre 2014 responsable du développement durable chez Action contre la Faim (voir ici). A ce titre, j'ai beaucoup travaillé sur les pratiques environnementales et sociales des associations et j'ai eu l'occasion d'échanger sur ces sujets avec de nombreux responsables d'ONG.
      Autant vous dire que j'observe les déboires actuels de la Croix Rouge avec beaucoup d'attention, et quelques remarques...

      "Violence des échanges en milieu associatif"


      D'abord les faits : alertée par un délégué du personnel, l'inspection du travail est allée enquêter au siège de la Croix Rouge Française à Paris. Elle y a dégoté de très nombreuses irrégularités, principalement des journées dépassant la durée maximale autorisée par le code du travail : 3300 pour la seule année 2014. Et l'addition risque d'être salée, entre les amendes et les indemnités, la Croix Rouge devrait débourser 11 millions d'euros alors qu'elle peine déjà à équilibrer son budget...
      Mais le pire, sans doute, pour l'ONG, c'est que le rapport de l'inspection du travail s'est retrouvé dans la presse qui, à la suite du Parisien, l'a copieusement commenté et continue joyeusement au moment où j'écris. Il est probable que cet épisode laissera des traces sur l'image de l'organisation et diminuera son attractivité auprès des donateurs, des salariés et des bénévoles. C'est malheureux pour la Croix Rouge qui est loin d'être la seule ONG a prendre des libertés avec le droit du travail.

      C'est que les travailleurs associatifs sont généralement des gens très engagés qui ont tendance à accepter beaucoup plus qu'ils ne devraient les heures supplémentaires non-payées, les contrats précaires à répétition ou les licenciements abusifs...  Le secteur associatif a d'ailleurs connu plusieurs conflits au cours des mois passé : vous avez peut-être entendu parler d'Aides, du WWF, de SoliCités... Derrière ces mouvements collectifs qui ont fait quelques encarts dans la presse, se cachent tous les cas individuels, souvent tabous au sein même des associations.
      Si on ajoute les problèmes de gouvernances et les questions environnementales, rares sont les organisations qui, même en menant de très belles actions, n'ont pas quelques cadavres dans leurs placards.


      La mission sociale n'excuse pas tout, au contraire


      Sans surprise, la Croix Rouge s'est retranchée derrière la ligne de défense traditionnelle de l'ONG prise la main dans la sac : "Oui, j'ai fauté. Mais, voyez-vous, je sauve des vies".
      C'est vrai qu'une partie des mauvaises pratiques peut sans doute s'expliquer par les conditions de travail des associations, dont les interventions humanitaires d'urgence sont un exemple paroxysmique... mais finalement assez rare. Dans de nombreux cas, il s'agit seulement de négligences excusées à bon compte au nom de la mission sociale de l'organisation.

      D'ailleurs cette rhétorique touche vite ses limites : ce que l'inspection du travail reproche à la Croix Rouge, c'est une organisation "pathogène",  "préjudiciables à la santé physique et mentale" des salariés. Est-ce vraiment des conditions permettant d'aider efficacement qui que ce soit ?
      C'est un secret de polichinelle que les humanitaires ont un vrai problème de gestion des ressources humaines : épuisement, maladie, burn-out, conduites à risques... écourtent beaucoup trop de carrières, gaspillant les potentiels et les compétences. Dans de nombreuses organisations, le taux de turn-over atteint 60 ou 70% au bout de 3 ans, il dépasse parfois 95% pour les postes de terrain.
      Comment alors avoir une action efficace ? Comment apprendre à connaître les personnes que l'on aide ? Développer une expertise ? Impossible... Pire, le recrutement et la formation deviennent de véritables gouffres, engloutissant les budgets, le temps et l'énergie de l'organisation.

      Assurer des conditions de travail décentes ne nuit pas à la réalisation des missions des ONG. Au contraire, c'est une condition indispensable pour garantir un fonctionnement efficace et des programmes de qualité. Il en va de même pour d'autres sujets tout aussi négligés par les associations comme leurs impacts sur l'environnement.


      Vers une responsabilité sociétale des associations


      Il s'agit donc de trouver un équilibre entre la volonté louable de consacrer toute son énergie aux missions, désir souvent partagés par les salariés au point de se mettre en danger, et la nécessité de gérer durablement les organisations. Comment faire ?
      Comme souvent en France, on parle déjà de faire une loi... Mais l'encadrement juridique n'est pas la solution à tous les problèmes : il peut fixer des règles générales mais les conditions d'intervention des ONG nécessitent aussi de la souplesse, les humanitaires notamment doivent être prudents lorsqu'ils projettent leurs standards sur les pays où ils interviennent. Et puis ce serait oublier les très nombreux salariés étrangers des ONG : je doute que le droit du travail centrafricain ou népalais offre des solutions satisfaisantes...

      Le respect du droit applicable, en France comme dans les pays hôtes, est évidemment incournable. Le cas de la Croix Rouge montre qu'il reste parfois du travail...
      Mais ce n'est pas suffisant : je crois qu'il est de la responsabilité des organisations d'assurer la santé et la sécurité de leurs salariés mais aussi de l'ensemble de leurs parties-prenantes : bénévole, prestataires, riverains, bénéficiaires... Bref ce que les entreprises ont pris l'habitude d'appeler leur responsabilité sociétale. Même si c'est difficile à entendre, le secteur marchand est en avance dans ce domaine, il a accumulé de l'expérience et développé des méthodes et des bonnes pratiques dont les associations seraient bien inspirées de se saisir. Ne serait-ce que pour ne pas laisser s'élargir le fossé entre leurs pratiques sociales et environnementales et celles des entreprises.

      Plutôt que d'attendre la prochaine crise sous la menace de l'opinion et du législateur, les ONG doivent apprendre à porter un regard critique sur elles-mêmes et accepter de se saisir des expériences existantes pour définir ensemble un cadre de bonnes pratiques adapté à leurs situations particulières. Loin d'être en contradiction avec leurs missions, cela renforcerait leur crédibilité et participerait, au moins par l'exemple, à l'accomplissement de leurs mandats.
      Espérons que les mésaventures de la Croix Rouge aideront au moins à cette prise de conscience...


      Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



      Saturday, May 23, 2015

      Infographie Carbone ozone particules soufre Petit aide mémoire de la pollution atmosphérique

      0 comments

      Pics printaniers obligent, la pollution s'invite ces jours-ci dans toutes les discussions, de la machine à café jusqu'aux journaux télévisés. Mais il peut être difficile de s'y retrouver : si tous les polluants représentent une menace pour l'homme et l'environnement, il n'y a pas grand chose de commun, par exemple, entre les nitroxydes qui restent plusieurs mois dans l'atmosphère et le dioxyde de soufre qui disparaît en quelques heures, ou entre le dioxyde de carbone  inoffensif pour la santé (et largement responsable du changement climatique) et les particules en suspension qui sont associées à une augmentation de la mortalité...

      Pour vous aider à vous y retrouver, je vous propose un aide-mémoire des principaux polluants atmosphériques et de leurs caractéristiques, une liste plus détaillée est disponible dans la suite de l'article.

      CO2, NO2, SO2, PM, O3, COV... origines, effets et durée de vie des principaux polluants atmosphériques


      Dioxyde de carbone

      De quoi s'agit-il ? Le dioxyde de carbone (parfois appelé gaz carbonique) est une molécule composée d'un atome de carbone et de deux atomes d'oxygène. Il est noté CO₂.
      Quels effets ? Le dioxyde de carbone ne représente pas de danger pour la santé mais c'est le principal facteur du réchauffement climatique. Il représente à lui seul les 2/3 des émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine.
      Quelle durée de vie ? Le dioxyde de carbone est un gaz stable, sa durée de vie dans l'atmosphère est supérieure à un siècle.
      D'où vient-il ? Essentiellement de la combustion d'énergie fossiles ou d'autres matières organiques (centrales à charbon ou à gaz, voitures, chauffages thermiques, incendies...) et des cimenteries.



      Dioxyde d'azote

      De quoi s'agit-il ? Le dioxyde d'azote est une molécule composée d'un atome d'azote et de deux atomes d'oxygène, il est noté NO₂. On lui associe parfois d'autres oxydes d'azote (notamment le monoxyde d'azote, NO), l'ensemble est alors désigné par l'abréviation NOx.
      Quels effets ? Au contact de l'eau, le dioxyde d'azote se transforme en acide nitrique. C'est donc un gaz irritant susceptible de s'attaquer aux poumons et aux yeux, il est aussi responsable de pluies acides. Enfin, il participe à la formation d'autres polluants comme l'ozone et les particules fines.
      Quelle durée de vie ? La demi-vie du dioxyde d'azote est d'environ 80 jours (c'est-à-dire qu'il faut 80 jours pour que la moitié du volume émis disparaisse). Cette durée de vie est suffisante pour que les oxydes d'azote voyagent sur de longues distances : il a par exemple été démontré que les émissions britanniques étaient responsables de pluies acides en Scandinavie.
      D'où vient-il ? L'air ambiant est composé majoritairement d'azote et d'oxygène qui réagissent à haute température pour former du monoxyde d'azote, lequel peut ensuite réagir à nouveau avec de l'oxygène pour donner du dioxyde d'azote. Les véhicules à moteur et, dans une moindre mesure, les centrales thermiques sont responsables de l'essentiel de la production de NOx.



      Ozone

      De quoi s'agit-il ? L'ozone est une molécule composée de trois atomes d'oxygène, noté O₃.
      Quels effets ? Dans la stratosphère, l'ozone permet de filtrer les rayons ultraviolets du soleil mais c'est aussi un oxydant capable, lorsqu'il se trouve à basse altitude (dans la troposphère), d'irriter les yeux et les voies respiratoires même à faible concentration : une augmentation de la mortalité a été démontrée lors des pics de pollution à l'ozone. Il s'attaque également aux végétaux, l'INRA estime par exemple qu'il est responsable d'une baisse de 5 à 10% des rendements du blé en Île de France, et aux matériaux oxydables. Enfin, il joue un rôle dans le changement climatique puisqu'il est responsable de 10% environ de l'effet de serre d'origine humaine.
      Quelle durée de vie ? L'ozone possède une durée de vie assez courte, de l'ordre de 3 jours à 20°C.
      D'où vient-il ? L'ozone est un polluant secondaire : il n'est pas crée directement par les activités humaines mais provient d'une réaction impliquant des polluants primaires (NOx, composés organiques volatils...) et le rayonnement solaire. Un bon ensoleillement est donc indispensable à sa formation.



      Dioxyde de soufre

      De quoi s'agit-il ? Le dioxyde de soufre est formé d'un atome de soufre et de deux atomes d'oxygène. Il se note SO₂.
      Quels effets ? Le dioxyde de soufre est irritant, notamment pour les voies respiratoires. Il forme de l'acide sulfurique au contact de l'eau , il est donc responsable de pluies acides. Il peut également corroder la pierre et dégrader des bâtiments.
      Quelle durée de vie ? Le dioxyde de soufre disparaît rapidement de l'atmosphère : sa demi-vie est de quelques heures.
      D'où vient-il ? Le dioxyde de soufre se forme lors de la combustion d'un matériau contenant de soufre, les véhicules à moteurs et les centrales thermiques sont les principaux émetteurs. Les volcans peuvent également rejeter des composés soufrés.



      Particules en suspension (PM10 et PM2.5)

      De quoi s'agit-il ? Les particules en suspension (ou PM pour particulate matter) sont des poussières de très petite taille - la taille d'une bactérie voire moins. Elles sont classées en fonction de leur diamètre : PM10 pour les particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres (ou 0.01 millimètre), PM2.5 pour celles dont le diamètre est inférieur à 2.5 micromètres (0.0025 mm), etc. Ces particules peuvent être formées de matières organiques, de sulfates, de suie, etc. et contenir des métaux lourds ou d'autres produits dangereux.
      Quels effets ? Alors que les PM10 sont retenues au niveau du nez ou des voies aériennes supérieures, les PM2.5 sont suffisamment fines pour pénétrer jusqu'aux alvéoles des poumons. Elles peuvent déranger la respiration et sont associées à une augmentation de la mortalité. Elles contribuent également au noircissement des façades. 
      Quelle durée de vie ? Les particules en suspension sont éliminées par la pluie ou en retombant naturellement au sol. En l'absence de précipitation, la durée de vie des particules peut aller de quelques heures à quelques jours (plus une particule est fine plus elle peut rester en suspension longtemps).
      D'où viennent-elles ? Les particules en suspension sont produites notamment par les combustions industrielles, le chauffage, la construction et les travaux public, l'agriculture et l'automobile (en particulier les moteurs diesel). Le vent, ainsi que certaines activités humaines (circulation, nettoyage...) peuvent aussi remettre en suspension des particules tombées au sol.



      Composés organiques volatils (COV)

      De quoi s'agit-il ? Les composés organiques volatils sont des molécules contenant du carbone, de l'oxygène, de l'hydrogène et, éventuellement, d'autres atomes. On distingue trois familles principales :
      • Les hydrocarbures aromatiques monocycliques (HAM), par exemple le benzène.
      • Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), par exemple le benzopyrène.
      • Les aldéhydes, dont le formaldéhyde. 
      Quels effets ? Les composés organiques volatils provoquent des irritations et une diminution de la capacité respiratoire, certains sont de plus cancérigènes (c'est le cas des trois cités en exemple plus haut). Les COV peuvent également être des précurseurs de la création d'ozone.
      Quelle durée de vie ? La durée de vie dans l'atmosphère est variable d'une molécule à l'autre. Elle est en général de quelques jours (environ 9 jours pour le benzène, par exemple).
      D'où viennent-ils ? Les composés organiques volatils sont libérés lors de l'évaporation d'hydrocarbures liquides. Ils proviennent notamment des véhicules à moteur (remplissage du réservoir, gaz d'échappement...) et de certains procédés industriels (raffinage de pétrole, solvants industriels...). Ils représentent une part importante de la pollution intérieure (produits d'entretien, vernis, colle...).


      Ce n'est pas tout...


      J'ai laissé de coté dans cette liste quelques autres polluants atmosphériques moins souvent impliqués dans des épisodes de pollution, pour mémoire en voici quelques uns :
      • Le méthane (CH4), le protoxyde d'azote (NO2) et les autres gaz à effet de serre émis par les activités humaines. Une liste plus complète peut être trouvée ici.
      • Le monoxyde de carbone (CO) crée lors d'une combustion incomplète, il est à la fois toxique pour l'homme et précurseur de l'ozone et du dioxyde de carbone.
      • Les métaux lourds qui peuvent se retrouver en suspension (plomb, mercure, arsenic...), ce sont des polluants persistants qui s'accumulent dans l'organisme avec des effets à long terme sur le système nerveux, les reins, le foie, les poumons...
      • Les pollens, d'origine naturelle mais susceptibles de déclencher des allergies.
      • Les dioxines, famille de molécules contenant du chlore dont certaines sont très toxiques.
      • Les pesticides utilisés par l'agriculture et susceptibles d'avoir des effets sur la santé.

      Publié le 13 avril 2015 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 11 avril 2016

      Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



      Tuesday, April 7, 2015

      Mis à jour Et si finalement la finance sauvait le climat

      0 comments

      Finance et changement climatique : divestment, risque carbone, activisme actionnarial
      Vous n'associez pas a priori Standard & Poor's à la lutte contre la changement climatique ?
      Vous avez peut-être tort : en avril, l'agence de notation a averti que le changement climatique aurait un impact sur la solvabilité des entreprises - elle avait déjà lancé un avertissement similaire l'année dernière pour les dettes souveraines. A terme, elle pourrait prendre en compte la résilience au changement climatique dans sa méthodologie de notation : Imaginez ce qu'il se passerait si, d'un seul coup, les entreprises qui émettent le plus de gaz à effet de serre ou qui sont mal préparées aux effets du réchauffement voyaient leurs notes baisser...


      > Pour une mise à jour après la COP21, n'hésitez pas à télécharger cette études des conséquences économiques et technologiques de l'Accord de Paris




      Les financiers de plus en plus sensibles aux risques climatiques


      Refuser de placer son argent dans les industries les plus polluantes ou le retirer progressivement (le désinvestissement ou "divestment" en anglais) était jusqu'à assez récemment un comportement militant. Les universités anglo-saxonnes, poussées par leurs étudiants et professeurs, s'y sont illustrées depuis quelques années comme d'autres fonds déjà impliqués dans l'investissement socialement responsable.
      Mais depuis le sommet de New York en septembre 2014, c'est l'ensemble de l'industrie financière qui commence à s'intéresser au climat, et le prendre en compte dans les décisions d'investissement est de moins en moins tabou... Dans une étude récente, Novethic a recensé les investisseurs internationaux qui ont pris des engagements en matière de changement climatique. Résultats :

      "550 banques, assurances, fondations, etc. gérant plus de 22.000 milliards d'euros se sont déjà engagées pour le climat."




      Pourquoi ? Parce que les investisseurs perçoivent désormais des risques réels pour la valeur de leurs portefeuilles :
      1. Risque carbone, c'est-à-dire le risque de voir les entreprises très émettrices en gaz à effet de serre perdrent de la valeur parce que de nouvelles réglementations rendent leurs opérations plus difficiles, voire remettent en cause leur business-model. Les premiers concernés sont les énergéticiens qui détiennent des réserves de pétrole, de charbon ou de gaz : ces actifs ont-ils encore une valeur alors que la communauté internationale s'est engagée à limiter le réchauffement à 2°C, ce qui implique de laisser dans le sol un tiers des réserves de gaz, deux tiers de celles de pétroles et 80% du charbon ?
      2. Risque climat, c'est-à-dire le risque que le changement climatique mette des entreprises en difficulté. C'est par exemple le cas de l'agro-alimentaire : est-il réellement préparé pour faire face à une baisse des rendements agricoles ou à un accès plus difficile à l'eau ?
      Les investisseurs sont en train de réaliser que la combinaison de ces deux risques rend les investissements dans certaines entreprises hasardeux. Et cette prise de conscience pourrait avoir un très fort effet de levier : en détournant le capital des entreprises carbo-intensives, elle peut rendre instantanément plus difficile les investissements dans de nouvelles énergies fossiles comme les sables bitumineux ou le gaz de schiste. A l'inverse, les entreprises résilientes au changement climatique ou peu émettrices pourront accéder plus facilement aux fonds.


      Et après ? Comment mettre (et garder) le secteur financier sur la voie des 2°C ?


      Il est bien entendu trop tôt pour ce réjouir. Cette évolutions pose de nombreuses questions : Comment mesurer l'empreinte carbone d'un portefeuille ? Peut-on décliner dans le domaine de la finance l'objectif des 2°C ? En particulier, comment faire en sorte, non seulement de ne plus investir dans les activités polluantes, mais aussi de financer celles qui permettent la transition comme l'efficacité énergétique ou les énergies renouvelables ?
      Une question très concrète par exemple : faut-il réellement désinvestir ? Certes ça rendra la vie des pétroliers plus difficiles mais ça ne les incitera pas vraiment à améliorer leurs pratiques. Ne vaudrait-il pas mieux continuer à investir dans le secteur des énergies fossiles mais seulement chez les "best in class", les entreprises qui font de réels efforts ?
      De nombreux travaux sont en cours sur ces sujets, notamment chez le World Ressource Institute qui devrait les publier pendant la Climate Week en mai prochain.

      Enfin, et surtout, la finance est une affaire d'anticipation. Si le secteur bouge aujourd'hui, c'est parce qu'il anticipe des réglementation plus sévères. Il ne continuera pas longtemps dans cette voie si la mobilisation de la société civile s’essouffle ou si les gouvernements semblent incapables de limiter réellement les émissions de gaz à effet de serre.
      Un changement important est peut-être en train de prendre forme mais il reste fragile... et notamment conditionné à la réussite de la conférence de Paris sur le Climat !

      Illustration : By Harald Bischoff (Own work) [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons

      Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



      Wednesday, April 1, 2015

      La COP21 sera t elle un succès et autres tentatives plus ou moins imprudentes de divination

      0 comments

      prévoir le déroulement de la COP21 et ses résultats pour le climat
      Demain s'ouvre officiellement la conférence de Paris sur le Climat. Ses objectifs sont connus - ils ont été fixés par le mandat de Durban : il s'agit d'une part de trouver un nouvel accord permettant de limiter la hausse de la température moyenne à 2°C et d'autre part de financer l'adaptation des pays en développement.

      Mais que va-t-il vraiment se passer pendant ces deux semaines. Comme disait l'autre, "la prédiction est un art difficile, surtout lorsqu'elle concerne l'avenir", mais il faut savoir vivre dangereusement...

      Voici donc en 4 questions, ce qui va vraisemblablement se passer et pourquoi :
      • Y aura-t-il un accord juridiquement contraignant ? 
      • Sera-t-il suffisant pour rester sous le seuil des 2°C ?
      • Qui seront les pays au centre des discussions ?
      • Et pour finir, est-ce que la COP21 sera un succès ?
      Rendez-vous dans deux semaines pour vérifier...

      [Edit] Pour savoir ce qu'il s'est passé pendant la COP21, vous pouvez desormais télécharger mon analyse de l'Accord de Paris et de ses implications technologiques et économiques



        Y aura-t-il un accord juridiquement contraignant ?

        Oui, mais pas entièrement.


        Les pays ne se séparent presque jamais après une COP sans un accord (la seule exception est la COP6 de La Haye). La question n'est donc pas s'il y aura un accord à la COP21 mais à quoi il ressemblera. Et en particulier : la conférence de Paris pourra-t-elle aboutir à un texte juridiquement contraignant ?

        Un accord juridiquement contraignant s'impose sur le droit national des pays qui le ratifient : une fois que vous vous êtes engagé, vous ne pouvez plus revenir en arrière même en modifiant votre  loi ou votre constitution. C'est donc, en théorie, un engagement très fort. Et comme les règles de l'ONU impose l'unanimité, il est toujours difficile d'y parvenir.

        Mais si l'accord de Paris ne sera pas entièrement juridiquement contraignant, c'est pour une autre raison : Barack Obama n'a ni le temps, ni les moyens politiques d'obtenir le vote des deux-tiers du Sénat, comme l'impose la Constitution américaine pour la ratification des accords internationaux.
        Il peut s'en sortir par une pirouette juridique : le président des États-Unis peut engager son pays sans passer par le Sénat avec un "executive agreement". De nombreux juristes ont planché sur la question et le consensus qui se dégage est qu'Obama pourrait signer sans l'accord du Sénat à condition que le texte ne contienne pas d'engagement d'émission ni de financement.
        Évidemment, cela réduit fortement les ambitions... Mais a-t-on le choix ? Les États-Unis sont le deuxième émetteur de gaz à effet de serre de la planète et il est peu probable que les grands pays émergents, Inde (3e émetteur) et Chine (1ère) en tête, signent s'ils ont un doute sur l'engagement américain.

        Sauf à créer une coquille vide, la communauté internationale est donc obligée de tailler un texte sur mesure pour les États-Unis. Cette contrainte exclut un accord entièrement juridiquement contraignant, il est probable que le texte qui sortira de la COP21 sera hybride : avec des parties contraignantes (probablement la procédure de révision des engagements) complétés par des engagements politiques (sur les émissions et les financements).


        Est-ce que l'accord permettra de rester sous le seuil de 2°C ?

        Non.


        C'est l'autre point-clé du mandat de Durban, hérité de la conférence de Copenhague : la communauté internationale veut limiter la hausse de la température moyenne à 2°C entre le début de l'ère industrielle et la fin du XXIe siècle.
        Les engagements de réduction des émissions qui seront pris à Paris (et qui n'auront pas de valeur juridique, cf. paragraphe précédent) seront sans doute insuffisants pour atteindre cet objectif. En effet, en amont de la conférence, les participants ont été invités à communiquer les engagement qu'ils sont prêts à prendre (aussi appelés INDC). Lorsque l'on agrège ces chiffres et qu'on les entre dans un modèle climatique, on voit qu'on se trouve sur la trajectoire d'une hausse de 3°C plutôt que de 2.

        Un degrés de plus, ça peut paraître peu mais cela correspond à plusieurs centaines de milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Même si on est pas à l'abri d'une bonne surprise et d'engagements plus ambitieux annoncés pendant la conférence, il est peu probable qu'ils soient suffisants. C'est la raison pour laquelle il est important que l'accord contienne des clauses de revoyure, prévoyant un examen et une révision régulière des engagements.


        Quels pays vont bloquer ? Quels pays vont être au centre des discussions ?

        Les pays pétroliers et les grands émergents


        Les INDC permettent également de deviner le rôle des différents pays, et deux choses semblent évidentes :
        • Les pays pétroliers n'ont pas caché leurs mauvaise volonté : seuls deux pays membres de l'Organisation des Pays Producteurs de Pétrole ont publié leurs INDC dans les temps (l'Algérie et l'Equateur). Et lorsque, comme l'Arabie Saoudite, ils ont fini par rendre leurs copies elles se sont révélées très décevantes.
        • La Chine et l'Inde sont désormais au coeur du problème. Au début des années 90, le changement climatique était surtout un problème européen et américain. Depuis la Chine a connu un développement fulgurant et elle est devenue le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre en 2007, l'Inde suit aujourd'hui le même chemin. D'après les INDC, en 2030, l'Inde et la Chine devraient être les deux premiers pollueurs de la planète très loin devant les États-Unis et l'Union Européenne.

          prévision d'émission de GES pour les principaux pays en 2030 : pourquoi la Chine et l'Inde seront les pays-clé de la COP21

          D'ici 15 ans, les émissions de ces deux pays devraient écraser celles des autres grandes économies : la Chine émettra 5 fois plus que l'Europe, l'Inde 3 fois plus. Et les émissions australiennes, par exemple, ne représenteront plus que 3% des émissions chinoises... Dans ces conditions, la Chine et l'Inde vont se retrouver au coeur des discussions : compte-tenu des volumes en jeu un effort supplémentaire de leur part, même quelques dixièmes de pourcents, sera significatif ! La position de l'Inde, qui est traditionnellement très attachée au droit au développement, sera particulièrement observée.
        Ces deux groupes de pays sont, a priori, protégés par le principe de responsabilité commune mais différenciée. Un principe inscrit dans la Convention Climat signée en 1992 et qui veut que les pays industrialisés (listés dans l'annexe I) soient les principaux responsables du changement climatique et doivent porter l'essentiel des efforts. On peut donc prévoir que ce principe de différencienciation sera au coeur des discussions.


          Alors, la COP21 sera un succès ou un échec ?

          Tout dépend ce qu'on en attend...


          Vous l'aurez compris à ce stade, il y aura vraisemblablement un accord le 11 décembre mais il sera insuffisant et très en recul par rapport aux objectifs affichés par le mandat de Durban.
          Mais d'un autre coté, le texte qui sortira de la COP21 sera sans doute le plus ambitieux et le plus complet de l'histoire des négociations climatiques : pour la première fois tous les pays devraient être à bord et s'engager sur une trajectoire de réchauffement beaucoup plus basse que les 4 à 5°C que nous aurions si nous ne faisions rien. La conférence de Paris devrait aussi permettre de redéfinir une méthode et des principes qui remettent les discussions sur les rails après 20 ans d'échec.

          Alors est-ce que ça en fait un échec ou un succès ? Une chose est sure : la question du changement climatique ne sera pas résolue à la fin du sommet : les engagements pris devront être vérifiés et revus régulièrement, ils devront être déclinés dans les politiques nationales, mis en oeuvre par les collectivités, les entreprises et les consommateurs... Même si je m'attend à un succès, la conférence de Paris sera plus un nouveau départ qu'un aboutissement.

          Publié le 29 novembre 2015 par Thibault Laconde


          Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



          Tuesday, March 3, 2015

          Fiche de lecture La Fabrique du mensonge de Stéphane Foucart

          0 comments

          fiche de lecture : la fabrique du mensonge de Stéphane Foucart
          Il m'arrive parfois, pas très souvent, de refermer un livre en me disant qu'il est important. Cela ne signifie pas qu'il est parfait, plutôt qu'il est utile. "La Fabrique du mensonge" de Stéphane Foucart fait partie de ceux-ci dans le sens où sa lecture devrait, à mon avis, trouver sa place dans la formation de toute personne qui se destine à une carrière scientifique.
          En bref, que nous dit-il ? Que des intérêts économiques utilisent la science à leur avantage contre l'intérêt général, jusque là rien de bien nouveau, mais surtout qu'en l'instrumentalisant ainsi ils sapent dangereusement l'institution scientifique au risque de réduire sa capacité à faire progresser nos sociétés.


          "Maintenir la controverse vivante"


          En 1953, alors que les journaux américains commencent à se faire l'écho d'études sur les liens entre tabac et cancer du poumon, les responsables des cigarettiers se réunissent en secret pour élaborer une contre-attaque. Elle sera efficace : il faudra 10 ans au régulateur américain pour reconnaître la dangerosité du tabac. S'agit-il d'un simple raté d’une administration sanitaire encore récente ? Non, le même scénario se répète, en pire, trente ans plus tard : il s'écoulera près de vingt ans entre la découverte des effets du tabagisme passif et les premières interdiction de fumer dans les lieux publics !
          Les industriels du tabac ne sont évidemment pas étrangers à ces retards dont les conséquences se chiffrent en milliers de vies perdues... et en milliards de cigarettes vendues, mais comment sont-ils parvenus à de tels résultats ? Il est désormais possible de la savoir puisque les cigarettiers ont accepté en 1998 de communiquer l'ensemble de leurs archives pour clore les poursuites engagées par 46 Etats américains, les stratégies et le détail de leur mise en œuvre sont accessibles à qui se donne la peine de chercher.

          Il en ressort que, bien sur il y eut une bataille de lobbying et de communication, mais surtout, en sous-main, une instrumentalisation de la science. Et plutôt que de tenter de contredire les études qui les mettaient en cause (et dont ils ont eu assez vite la conviction qu'elles étaient valides), les industriels se sont employés à "maintenir la controverse ouverte".
          Quel est l'effet des facteurs environnementaux, comme la pollution, sur les cancers du poumon ? De l'hérédité et des facteurs génétiques ? De l'amélioration des diagnostic et de l'allongement de la durée de vie ?  Les projets de recherches soutenus directement ou en sous-main par l'argent du tabac remplissent des dizaines de pages. Ils s’intéressent souvent à des sujets sérieux et, dans de nombreux cas, ils ont abouti des résultats réellement  utiles à la santé publique, mais ils ont surtout permis aux "big tobacco" de mettre en ordre la science comme il l'entendait, permettant le développement de telle branche, retardant telles autres et fixant la frontière entre le certain et le douteux. Les industriels ont appris à définir les contours de l'ignorance, évidemment à leur avantage.
          La stratégie est simple : "produire du doute" (la formule figure telle-quelle dans un mémo de 1969), puis laisser les communiquants affirmer qu'il n'existe pas encore de certitude scientifique. S'il se trouve des chercheurs pour affirmer le contraire, c'est très bien : cela fera de bons débats télévisés qui, c'est une règle du genre, placeront les deux camps sur un pied d'égalité même si l'un représente le consensus scientifique et l'autre des intérêts privés. Il suffira ensuite de compter sur l'inertie du régulateur et des politiques, trop content de pouvoir invoquer l'absence de certitudes pour de prendre des mesures contraignantes.


          Le scientifique comme outil de relations publiques


          La recherche se trouve ainsi mobilisés, et éventuellement financé, non par pour les résultats qu'on en espère mais pour l'effet qu'elle produit sur les décideurs et l'opinion publique. Car, comme le dit très justement Stéphane Foucart, aux yeux du public, la communication autour de la science est la science.
          Son livre propose de nombreux exemples édifiants de ce travail. Ainsi, par exemple, ARISE (Associates for research into the science of enjoyment), créature des cigarettiers dont l'objectif est de faire basculer leur produit dans la catégorie des "petits plaisirs" au coté du carré de chocolat et du verre de vin, plutôt que dans les drogues dures vers lesquels il penchait dangereusement. Au final : un vrai triomphe ! Sur près de 850 articles de presse traitant d'ARISE, plus de 500 évoquent une possibilité que les mesures de lutte contre la tabagisme soient contre-productives pour la santé publique.
          Un autre exemple remarquable, l'appel de Heidelberg préparé par les industriels de l'amiante à la veille du sommet de Rio en 1992, montre que cette méthode peut même façonner durablement la façon dont des pans entiers de la science sont perçus.

          Car les cigarettiers ne sont plus les seuls à recourir à la manipulation de la science et des scientifiques.  Même si ces cas sont beaucoup moins bien documentés, les débats autour du changement climatique, de l'amiante, des OGM, des perturbateurs endocriniens ou des pesticides ont été et sont aujourd'hui encore façonnés de la même façon. Finalement, c'est l'institution scientifique dans son ensemble qui est abîmée, apparaissant comme incapable de produire une consensus et de créer l'action... Paradoxal alors que nous vivons dans une époque plus technologique que jamais !

          Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



          Sunday, November 30, 2014

          Comment suivre en direct la production délectricité des principaux pays européens et cesser de raconter nimporte quoi à la télé

          0 comments

          [Publié initialement le 16/12/2013, mis à jour le 16/07/2015] Vous vous souvenez du débat entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal à la veille du second tour de la présidentielle de 2007 ? Et de ce moment épique où aucun des deux n'a été capable de dire quelle est la part du nucléaire dans la production d'électricité française ?



          Cet exemple est vraiment caricatural, mais le scénario se répète : le débat sur l'énergie est tristement marqué par la méconnaissance des faits et qui le réduit souvent à une confrontation idéologique.
          Pourtant les entreprises du secteur ont fait de gros efforts de transparence et à condition de connaître les adresses et les outils disponibles, vous pouvez tout savoir minute par minute de la production d'électricité en Europe : Combien les parcs éoliens de mer du nord produisent-ils à cet instant précis ? En ce moment la France est-elle importatrice ou exportatrice d'électricité ? Quel est la part des énergies renouvelables dans la production allemande aujourd'hui ? Les réponses sont ici...


          En France : RTE Eco2mix

          Le service Eco2mix mis en place par le réseau de transport d'électricité offre un aperçu complet et ergonomique de l'état de la production électrique en France : la production instantanée des différentes filières, l'empreinte carbone des kilowattheures produits, les échanges aux frontières... Toutes ces données sont disponibles en direct ou pour n'importe quelle période des 3 mois précédents. Une version par région a même été mise en ligne récemment.


          En Allemagne et en Autriche

          De nombreuses informations sur la production d'électricité allemande sont disponible sur le portail de l'Institut Fraunhofer, notamment la production quotidienne et le prix spot (merci à Cyril qui m'a indiqué ce site en commentaire !).
          L'European Energy Exchange, la bourse de l'énergie en Europe centrale, met également à disposition de nombreuses données sur la production d'électricité en Allemagne, en Autriche et dans quelques autres pays.


          En Grande Bretagne

          Le service britannique brille plus par son exhaustivité que par son ergonomie... Avec un peu de patience il est possible d'y trouver à peu près tout ce que l'on peut souhaiter comme l'évolution de la production par filière, le détail de la production éolienne ou les flux internationaux.


          Au Danemark

          Energienet, l'équivalent danois du français RTE, propose une carte interactive sur laquelle apparaissent les productions et les flux à la fois d'électricité et de gaz.
          Energie et développement - combien d'électricité éolienne au Danemark ? La réponse en direct !
          Capture d'écran du service proposé par Energienet au Danemark


          En Espagne

          Le réseau de transport d'électricité espagnol, Red Eléctrica de España, met lui aussi à disposition un suivi de la production des différentes filières en temps réel. Avantage de ce service : il propose un historique remarquablement long puisqu'il est possible de retrouver les informations pour n'importe quel jour jusqu'en 2007 !


          En Belgique

          Elia propose de nombreuses informations mais le suivi en temps réel n'est disponible que pour l'éolien et le solaire. Pour les autres énergies, il faut se reporter au programme de production à J-1 ou au rapport de production réelle à J+1.
          Quelques données complémentaires peuvent être trouvé sur le site de l'EEX.


          Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



          Vous connaissez des services équivalents en Chine, aux États-Unis ou dans d'autres pays ? Vous ne réussissez pas à trouver les informations que vous souhaitez ? N'hésitez pas à réagir en commentaire pour améliorer cet article !

           * * *
          Ces articles peuvent vous intéresser :
          • En Allemagne, la sortie du nucléaire carbure-t-elle au charbon ?
          • Kill (Energy) bill ! Comment la réforme énergétique anglaise tourne à la crise politique
          • Les leçons de la "sortie du nucléaire" allemande pour la transition énergétique française

          Wednesday, June 18, 2014

          Rencontre avec les artisans de la COP21 épisode 1 Sylvianne Villaudière et SolutionsCOP21

          0 comments

          Qu'est-ce que la 21e conférence de l'ONU sur le climat (alias COP21) qui se tiendra à Paris en décembre ? Un grand rendez-vous diplomatique ? Certainement. Mais aussi une très forte mobilisation de la société civile autour de questions aussi cruciales que la solidarité Nord-Sud ou l'équité entre les générations. Derrière l'évènement un peu technocratique se cachent donc de grandes mobilisations citoyennes... même si elles sont encore peu visibles.
          C'est précisément la préparation de ces mobilisations que j'aimerais vous faire partager. Qui sont les personnes qui s'activent pour les faire éclore ? Quels projets préparent-ils ? Quelles sont leurs convictions ? Leurs visions ?

          Je commence aujourd'hui une série d'entretiens en vidéo avec quelques unes des personnes qui organisent en ce moment-même les événements qui accompagneront le sommet international. Je mettrai en ligne une nouvelle vidéo chaque mercredi (inch'allah), n'hésitez donc pas à vous abonner à la chaine Youtube que j'ai créé pour l'occasion.


          Pour le premier épisode de cette série, j'ai rencontré Sylvianne Villaudière pour discuter de SolutionsCOP21 dont elle est coordinatrice générale.
          SolutionsCOP21 est un collectif réunissant de nombreuses organisations privées et publiques afin de promouvoir les solutions existantes pour lutter contre la changement climatique, aussi bien en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre que d'adaptation. Il propose notamment une plateforme web sur laquelle sont présentés des projets exemplaires, cette plateforme est ouverte à tous : entreprises, collectivités, associations sont invitées à soumettre leurs propres bonnes pratiques.
          Enfin, une exposition ouverte au grand public et gratuite sera organisée au Grand Palais du 4 au 11 décembre (c'est-à-dire pendant le sommet) afin de présenter et de faire connaitre les solutions climat.
           
          Vous recherchez d'autres événements ? Voici l'agenda de toutes les manifestions autour de la COP21.
          Vous avez un projet et vous souhaiteriez apparaitre dans cette rubrique ? Parlez-moi en.

          Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



          Thursday, May 15, 2014

          Quel sera lévenement ou la tendance de 2015 dans le développement durable 5 blogueurs répondent

          0 comments

          Que nous réserve 2015 ? RSE, protection de l'environnement, changement climatique... Quels sont les sujets qui feront l'actualité ? Dans le domaine du développement durable, cette nouvelle année est porteuse de beaucoup d'espoirs et de nombreuses craintes.

          Pour comprendre ces enjeux, j'ai demandé à quatre blogueurs aux profils variés mais tous intéressés par les questions environnementale et sociales quelle sera selon eux l’événement ou la tendance qui marquera l'année 2015.
          Je vous laisse découvrir leurs avis...



          "Les entreprises nous aideront à moins consommer." - Responsabilité sociale



          En ce début d'année 2015, je dois avouer qu'à défaut d'être sûr qu'elle sera déterminante, j'espère qu'une tendance forte sera celle de la prise de conscience grandissante par les entreprises de la raréfaction des ressources.

          Cela paraît être une évidence, tant il est vrai que nous pouvons lire partout que les ressources de la planète sont de moins en moins disponibles, que les réserves s'épuisent. Si nombreux sont ceux qui ont conscience de ce phénomène, nombreux sont également ceux qui agissent comme si de rien n'était.
          En 2014, le Jour du dépassement - Overshoot Day - qui marque dans une année la date théorique à laquelle l’humanité a consommé l’équivalent des ressources naturelles que peut produire la Terre en un an sans compromettre leur renouvellement, a eu lieu le 18 août. Ce qui signifie que nous avons vécu pratiquement 4 mois et demi "à crédit". Et ce sera pire en 2015, vraisemblablement 3 jours plus tôt.

          Je suis persuadé que les entreprises ont un rôle clé à jouer, si elles intègrent ces considérations de raréfaction des ressources dans leur stratégie. Par exemple en orientant leur business model vers l'économie circulaire, l'économie collaborative ou encore l'économie de la fonctionnalité. Il est possible pour une entreprise d'influencer la façon de consommer de ses clients. Et faire consommer moins ne signifie pas nécessairement voir son bénéfice baisser. Il s'agit simplement de miser sur l'innovation pour proposer des produits de meilleure qualité, répondant de manière plus simple à nos besoins, accompagnés d'un service à la clientèle hors norme.
          2015 pourrait être l'année où les entreprises nous aideront à moins consommer.


          "L'arrivée de la Chine va bouleverser le jeu." - Chinoiseries



          Deux fois plus peuplée que l'Union Européenne, la Chine est devenue en 2014 la première économie mondiale à parité de pouvoir d'achat en dépassant les États-Unis. C'est un mastodonte qui pèse lourdement dans toutes les questions environnementales - elle est devenue il y a déjà une dizaine d'année le premier émetteur de gaz à effet de serre tout en restant considérée comme un pays du Sud, donc sans obligations de réductions.
          Pendant longtemps la position chinoise a été de faire passer le développement économique avant toute considération environnementale ou sociale. Cette position est-elle en train de changer ? Les chinois se montrent de moins en moins tolérant vis-à-vis des dégradations de leur environnement et leur économie semble entrer en transition : la croissance, folle depuis un quart de siècle, se calme, les industries low cost s'exilent vers le Viet-Nam ou le Bangladesh et le pays tente une montée en gamme qui peut se jouer aussi sur le plan de la durabilité.
          Difficile de prévoir quelles seront les conséquences si la Chine décide de s'impliquer réellement dans la gouvernance mondiale de l'environnement, mais une chose est sure : son arrivée va bouleverser le jeu. Car ce sera l'entrée en scène d'un poids-lourd, mais surtout d'une nouvelle civilisation, dotée de sa propre manière de concevoir la place de l'homme dans le monde et ses relations avec la nature.



          "L'année de tous les dangers, attention implosion !" - D'Dline 2020



          Au chapitre Économie tout d’abord, aucune embellie en matière de croissance, bien au contraire, on parlera sans doute de déflation voire de décroissance. De surcroît 2015 pourrait bien être le théâtre d’une nouvelle crise financière comme le prédit Jacques Attali depuis mai 2014… « So, here we are ? »
          Au chapitre Social l’atmosphère politique devrait être plus qu’atone après les cinglantes désillusions des français tout au long de 2014. Le Politique est en crise de sens et son pilotage plus qu’incertain : le chômage, lui, galope toujours et il pourrait bien gagner le tiercé du désengagement irréversible des français … « Attention, implosion ! »
          Au chapitre Environnement seul le Climat devrait malheureusement réchauffer nos sueurs froides avec à la clé 2° de + sur Terre d’ici la fin du siècle… Notre sort est aujourd’hui plus qu’hier entre les mains des plus gros pollueurs de la Planète à savoir les États-Unis et ses toutes nouvelles richesses fossiles et la Chine, acculée dans son propre pays par une sidérante pollution… « Quand Géostratégie rimera-t-elle avec Compromis ? »
          Bon, parce que vous êtes sûrement nombreux comme moi à avoir envie d’y croire, voici quelques notes d’espoir :
          • l’avenir de l’économie est dans le partage et l’ESS reste à construire !  
          • l’avenir de l’emploi est dans la débrouille : amateurs de DIY, l’avenir est à vous !
          • l’avenir du climat et de l’environnement se joue à Paris en 2015 : ce sera l’année des accords durables ! "De quoi passer l'année tranquille"

          "Économiser, créer, recycler est devenu classe." - Eco-créateurs



          Pour prédire un peu l'avenir, il faut déjà regarder dans le passé, l'évolution que nous menons et vers quoi nous tendons. Je ne pense pas que l'année 2015 sera tellement différente de 2014. J'ai d'ailleurs été bien déçue (entre autre) par les non-prises de décisions des gouvernements sur le réchauffement climatique et ça devient vraiment urgent. Mais on sait tous que pour avancer, il ne faut pas toujours compter sur les autres n'est-ce pas?

          Cependant, de plus en plus de personnes s'investissent pour la cause environnementale et ça s'en ressent.
          Je me souviens, gamine, les routes étaient pleines de détritus... Aujourd'hui il devient rare de voir une personne jeter quelque chose volontairement ou aux yeux de tous par terre. On sait que c'est mal et c'est devenu aussi mal-vu.
          Tout le monde aujourd'hui connait les enjeux environnementaux et on sait tous qu'il faut que chacun apporte sa contribution tel un colibri dans une histoire africaine, et ce, grâce à internet. Il faut vraiment venir d'une autre planète pour ne pas être au courant !
          Grâce à la crise également, les gens ont peu à peu délaissé la surconsommation, se sont entraidé, ont commencé à fabriquer les choses elles-mêmes... Et puis finalement, un ami leur a dit que c'était écolo, et vu que ça met notre conscience plus tranquille et que c'est très bien vu, finalement, économiser, créer, recycler est devenu classe. Ce que l'on aurait pu voir comme péjoratif il y a encore peu, est aujourd'hui devenu une mode.

          La démocratisation des sites de partage comme le covoiturage, les amaps, les sites de deuxièmes mains et autre... Sont tous écolos et éconos, deux enjeux actuels qui se diffusent de plus en plus... font que je suis certaine qu'en 2015, il y aura encore beaucoup de sites, d'associations et de partages qui se créeront.
          Seul l’État verra cela d'un mauvais œil (et les grosses industries) finalement, puisque les bénéfices reviennent au peuple et forcément moins à eux... Il va juste falloir donc faire attention à ne pas se faire tout prendre et taxer parce que ça arrive vite malheureusement.
          En 2015, soyons simplement malin, soyons écolos, éconos, prêteurs, aidant son prochain en étant plus équitable et ne donnant plus toujours aux mêmes.


          Et pour conclure rapidement sur mon propre avis...


          Avec la COP21, 2015 verra une des toutes dernières chances d'endiguer le changement climatique avant que l'effet de serre entraine des effets ingérables. La probabilité d'un accord à la mesure de cet enjeu est faible mais quoiqu'il en soit je crois que cette année devrait être celle d'un sursaut : sursaut des Etats, peut-être, avec de réels engagements pour lutter contre les émissions de CO2 et contre leurs conséquences déjà perceptibles, mais plus probablement sursaut de la société civile.
          Peut-être cette année réaliserons nous, contraints et forcés, que nos institutions ne peuvent pas seules défendre l’intérêt général. Dans le domaine environnemental, comme dans bien d'autres, nous ne pouvons pas déléguer tous nos problèmes à une autorité chargée de nous guider : c'est à nous de nous relever les défis et d'agir à notre niveau.


          Vous aimez cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



           
          Copyright 2012 Maybell Hamaker | Powered by Blogger
          Design by George Robinson Supported by BTDesigner