La 20e conférence des nations unies sur le climat s'ouvre le 1er décembre à Lima. Si vous n'avez pas la chance d'être sur place, vous pouvez tout de même suivre la conférence de l'intérieur grâce aux comptes Twitter des très nombreux participants à la COP20. Vous pouvez suivre tous ces comptes d'un seul coup en vous abonnant à cette liste.
Disclaimer : Il n'est pas possible de mettre tout le monde... J'ai essayé de maintenir un bon équilibre entre quantité et qualité mais si vous avez des suggestions ou des bonnes adresses à proposer, n'hésitez pas !
Le 15 mars, Peabody Energy n'a pas pu trouver les 71 millions de dollars d’intérêts qu'il devait verser à ses créanciers. Le charbonnier américain dispose maintenant d'un délai de grâce de 30 jours pour honorer ses engagements après quoi il sera officiellement en défaut de paiement. Sauf coup de théâtre l'entreprise devrait donc se déclarer en banqueroute avant mi-avril et réclamer la protection de la loi américaine sur les faillites.
Ce serait l'aboutissement d'une longue descente aux enfers : il y a 5 ans, les actions de Peabody s'échangeait à plus de 1000$, début 2013 elles valaient encore 300$, 100$ en 2015... et autour de 2.5$ aujourd'hui. L'entreprise croule sous les dettes : près de 6 milliards de dollars, plus de 100 fois sa valeur en bourse... Et elle a encore perdu 2 milliards l'année dernière.
Cette chute est d'autant plus remarquable que Peabody Energy n'est pas n'importe quel charbonnier. Créée en 1883, c'est, ou c'était, le plus grand producteur de charbon privé de la planète et le leader du secteur aux États-Unis.
Peabody est aussi un des pilier du lobby pro-charbon (et par extension anti-climat) à Washington. Malgré ses difficultés, l'entreprise a encore dépensé plus de 2 millions de dollars l'année dernière pour influencer ou soutenir des dizaines d'initiatives parlementaires. Ses lobbyistes ont été omniprésents sur tous les sujets en lien avec le climat, la pollution de l'air ou le "charbon propre". En 2014, Peabody s'était même lancé dans une campagne mondiale en faveur du charbon sous le nom d'Advanced energy for life.
Le charbon est-il en train de rejoindre les livres d'histoire ?
Les ennuis de Peabody Energy sont loin d'être isolés : 49 charbonniers américains ont fait faillite depuis de 2012. Le dernier en date, Arch Coal, qui s'est déclaré en banqueroute début janvier était le n°2 du secteur aux États-Unis après Peabody. En Chine, qui est de loin le premier producteur et le premier consommateur, la production de charbon thermique (celui qui est utilisé pour produire de l'énergie contrairement au charbon métallurgique) s'est effondré de 6% depuis le début de l'année. Une restructuration à haut risque s'annonce avec la fermeture de 1000 mines en 2016 et le licenciement de centaines de milliers de mineurs. En Inde, troisième consommateur après la Chine et les États-Unis, des mines sont contraintes de se mettre à l'arrêt faute de pouvoir écouler leurs stocks. L'équivalent d'un sixième de la production annuelle attend déjà sur le carreau des mines ou dans les centrales. Même chez nos voisins allemands où la consommation de charbon reste élevée, les opérateurs de mines et de centrales, notamment Eon et RWE, sont à peine en meilleure forme que leurs confrères américains. Les dernières mines de houilles vont d'ailleurs être fermées dans les 2 années qui viennent et une "sortie du charbon" s'ébauche.
Alors est-ce la fin du charbon ? Probablement pas : malgré la crise qu'il traverse, nous ne sommes pas prêt à nous en passer.
Même si on en entend rarement parler, le charbon représente encore un quart de l'énergie consommée sur la planète et surtout il reste d'assez loin la première source d'électricité : 39% contre 22% pour le gaz. De plus, la plupart des centrales à charbon sont récentes : la moitié environ ont moins de 20 ans alors que leur durée de vie est dépasse 40 ans. Il est donc peu probable que le charbon recule significativement avant au moins deux décennies.
Age des centrales à charbon dans le monde (source : AIE, 2012)
Le chapitre final de l'histoire du charbon reste encore largement à écrire, une seule certitude : il ne ressemblera pas à l'avenir mirifique que les publicistes de Peabody imaginaient il y a encore quelques mois...
Vous vous en souvenez peut-être, la Californie a connu une grave crise énergétique pendant l'hiver 2000-2001. Comme pour tous les films catastrophes à succès du siècle dernier, une suite est en préparation... Bientôt dans vos salles (forcément) obscures : California Energy Crisis 2 : Black-Out Los Angeles.
A l'origine : la fuite de gaz de Porter Ranch
La crise électrique californienne version 2016 commence par une (très grosse) fuite sur un (très gros) réservoir de gaz naturel. En octobre dernier, les employés de la SoCalGas s'aperçoivent que le site de stockage d'Aliso Canyon, à proximité de Porter Ranch dans le nord de Los Angeles laisse échapper du gaz. Et pas qu'un peu : environ de 1000 tonnes par jour. Il faudra 4 mois de tentatives infructueuses, pour qu'enfin, en février, la fuite soit péniblement colmatée. Entretemps, on estime que 97100 tonnes de méthane et 7300 tonnes d'éthane ont été rejetés dans l'atmosphère. Le coût de la catastrophe - qui a entrainé le déplacement de 2000 familles - est estimé à 665 millions de dollars. Le méthane est par ailleurs un puissant gaz à effet de serre : cette fuite a eu un impact climatique comparable aux émissions annuelles de 200.000 américains. La fuite de Porter Ranch est une désastre environnemental. Même si elle est beaucoup moins spectaculaire, elle est souvent comparée au naufrage de Deepwater Horizon en 2010 et à la marée noire qui avait suivi.
L'épisode a évidement entrainé l’arrêt des injections de gaz dans le réservoir et sa vidange progressive. Aujourd'hui il ne contient plus qu'une dizaine de milliards de pieds cubes sur une capacité de 86 (soit à peu près l'équivalent de 3 millions de barils de pétrole sur une capacité de 15). Pour que du gaz soit à nouveau injecté dans le réservoir, il faut attendre que ses 114 puits aient été vérifiés. Personne ne sait exactement combien de temps cela va prendre.
14 jours de coupures d'électricité prévus dans la région de Los Angeles
Problème : En temps normal le réservoir d'Aliso Canyon est le point de passage du gaz destiné au chauffage et à la cuisine de 11 millions de clients, ainsi qu'à 16 centrales électriques... Et c'est surtout là que le bât blesse : la Californie est très dépendante du gaz. A lui seul, il assure à peu près la moitié de la production d'électricité de l’état. Ces centrales peuvent parfaitement fonctionner sans ce réservoir, à condition de gérer le gaz en flux tendu. En l'absence de stockage, si la demande d'électricité, donc de gaz, est plus importante que prévue, la pression baisse entrainant l’arrêt des livraisons. Dans ce cas, les centrales à gaz doivent être arrêtées et il devient nécessaire de délester pour maintenir l'équilibre du réseau électrique. Le réservoir est donc particulièrement utile pour encaisser les variations de consommation pendant les périodes de forte demande - principalement en hiver, pour le chauffage, et en été, lorsque les climatiseurs tournent à plein régime.
Les agences publiques concernées ont étudié l'effet de la fermeture du réservoir d'Aliso Canyon sur la fourniture d'électricité. Leurs conclusions ont été publiées en avril : il ne sera pas possible d'éviter des coupures. En l'absence de mesure d'économie d'énergie, la durée des pannes d'électricité pourrait atteindre 14 jours. Cette évaluation est jugée optimiste par certains experts. Ceux-ci pointent notamment le risque de défauts en cascade sur un système électrique surchargé, auquel cas les coupures pourraient durer et s'étendre au reste de la Californie. Le record de 2001, où l'électricité avait été coupée pendant un total de 13 jours, risque donc bien d'être battu.
Les délestages à cette échelle sont excessivement rares dans les pays industrialisés et des images de Hollywood dans le noir ne peuvent que marquer les esprits... A quelques mois des élections présidentielles américaines, il est aussi probable que les coupures californiennes mettront l'énergie et le climat au cœur de la campagne.
Cet article fait partie de la série "Attendez-vous à en entendre parler", dans laquelle je vous explique des événements importants dans le domaine de l'énergie et du climat avant qu'ils surviennent*. Pour voir les articles précédents : cliquez ici.
* Les prévisions, pronostics et prophéties ne sont ni repris ni échangés. Aucune réclamation ne sera acceptée en cas de non-réalisation.
Il y a un peu moins d'un mois, le prince Mohammed ben Salmane annonçait que l'Arabie Saoudite envisage de privatiser Saudi Aramco, la compagnie pétrolière du royaume. Cette nouvelle est passée relativement inaperçue en dehors de quelques cercles spécialisés, et pourtant...
Les géants du pétrole ne sont pas ceux que vous croyez
Vous n'êtes peut-être pas familier avec ce nom : pour le grand public, le pétrole évoque des entreprises comme Exxon, Total, BP ou Shell... Mais malgré leur poids économique (Total est la première capitalisation du CAC40, Exxon a un chiffre d'affaire équivalent au PIB de la Colombie...), les majors occidentales sont loin de dominer le marché des hydrocarbures : elles font pratiquement figure de PME familiale comparées aux compagnies pétrolières nationales. Crées pour la plupart dans les années 70, ces entreprises publiques sont parvenues à repousser les grands pétroliers des pays développés vers des gisements marginaux et généralement peu rentables. Aujourd'hui, les CPN contrôlent les 3/4 de la production mondiale de pétrole et 90% des réserves, les ordres de grandeurs sont les mêmes pour le gaz. Leurs noms ? NIOC en Iran, Qatar Petroleum, PDVSA au Venezuela, Sonatrach en Algérie, Rosneft en Russie...Et, bien sur, Saudi Aramco, la plus grande de toutes.
La gestion d'Aramco est opaque mais ce qu'on en sait défie les superlatifs : à elle seule elle produit un huitième du pétrole mondial (2.5 fois plus qu'Exxon) et possèderait 15% des réserves (10 fois plus qu'Exxon). Aramco n'est pas cotée, impossible donc de lui donner une valeur mais ceux qui s'y risquent tablent en général sur plusieurs milliers de milliards de dollars, soit une demi-douzaine de Google ou d'Apple.
De quoi Saudi Aramco est-il le nom ?
L'histoire d'Aramco épouse l'histoire du pétrole. C'est d'abord celle de pétroliers américains exclus de Mésopotamie par le Traité de San Remo et qui s'en vont prospecter plus loin. En 1933, une des compagnies issues du démantèlement de l'empire de Rockefeller, la Standard Oil of California obtient une concession en Arabie Saoudite. Pour l'exploiter, elle crée une filiale qui prendra dix ans plus tard le nom d'Arabian-American Oil company, ou Aramco. En 1938, après cinq années de prospection infructueuse, le pétrole jaillit finalement à Dhahran.
Le 14 février 1945, le roi Ibn Saoud rencontre Roosevelt à bord du croiseur Quincy. Le président américain garantie la sécurité de la dynastie saoudienne qui s'engage en échange à approvisionner les États-Unis en énergie. Aramco hérite au passage d'un monopole de 60 ans sur les hydrocarbures saoudiens. L'entreprise devient le carrefour des majors américaines : en plus de la Standard Oil of California (futur Chevron), Texaco a pris une participation dès 1936, suivie en 1948 de la Standard Oil of New Jersey (qui deviendra Exxon) et de Socony Vacuum (Mobil).
Mais les rapports de force commencent déjà à changer : en 1950, les Saouds menacent de nationaliser Aramco, le projet est abandonné contre une augmentation de leurs royalties et le transfert du siège de la compagnie de New York à Dharhan. En 1973, le gouvernement saoudien repart à l'assaut en achetant progressivement des parts d'Aramco. La prise de contrôle est achevée en 1980, Aramco qui était encore immatriculée dans le Delaware devient une entreprise 100% publique de droit saoudien. Cette nationalisation diffèrent de celles qui avaient lieu au même moment dans d'autres pays de l'OPEP. Aramco passe sous pavillon saoudien mais conserve sa culture d'entreprise : la langue de travail y est toujours l'anglais, les postes clés restent ouverts aux étrangers, un certain libéralisme règne même dans ses installations... qui sont, par exemple, le seul endroit dans le royaume où on peut voir une femme conduire. Résultat : l'entreprise se distingue des autres compagnies nationales et du reste de l'administration saoudienne par son efficacité et une relative absence de corruption.
La portée d'une privatisation d'Aramco
Il n’empêche qu'Aramco est géré de façon extrêmement opaque. Elle fournit la grande majorité du budget du royaume mais ne publie pas de résultats. Beaucoup d'incertitude existent aussi sur l'état réel de ses réserves. Et c'est là que le bât blesse : pour convaincre les investisseurs, l'entreprise devrait se livrer à un exercice de transparence sans précédent depuis sa nationalisation. Pas sur que les saoudiens soient près à livrer les clés de cet État dans l’État...
Beaucoup d'hypothèses circulent en ce moment sur l'intention des saoudiens, les actifs qui pourraient être mis en bourse ou même la faisabilité de l'opération. Une chose est certaine : si elle a lieu, l'ouverture du capital d'Aramco marquerait une rupture avec la géoéconomie du pétrole héritée de du XXe siècle. Pour renflouer leurs budgets entamés par la baisse des cours du pétrole, pour introduire une dose bien nécessaire de transparence et de bonne gestion, voire pour convertir en cash des champs de pétrole dont la valeur n'est plus si certaine, d'autres pays producteurs pourraient se mettre (ou se remettre) à réflechir. PEMEX, la compagnie nationale mexicaine, attend toujours son entrée en bourse votée en 2013, le secteur pétrolier iranien s'ouvre lui aussi au privé, la privatisation de Petrobras au Brésil a refait parler d'elle fin de 2015...
Il est encore difficile de dire exactement quoi, mais il semble bien qu'il se passe quelque chose dans le monde du pétrole.
Dans le petit monde du solaire, le mois d'avril a été marqué par un brusque accès de sinophilie. Alors que la Chine s'était longtemps contenté de vendre des panneaux solaires au reste du monde, elle semble désormais décidée à développer son propre parc photovoltaïque à marche forcée. Plusieurs statistiques publiés ces derniers jours ont confirmé ce tournant avec des chiffres qui, vu de chez nous, sont à peine croyables. On ne peut que se réjouir de cette situation mais comme souvent dans le solaire, le photovoltaïque éclipse le thermique... Or s'il faut citer les chinois en exemple, c'est surtout pour leur usage massif du chauffe-eau solaire individuel.
La Chine adopte enfin le solaire photovoltaïque...
Le 30 mars, un rapport du programme photovoltaïque de l'Agence International de l'Energie a suscité une première vague d'enthousiasme en évaluant le parc solaire photovoltaïque chinois à 38.2 GigaWattcrêtes (pour comprendre ce qu'est un Wattcrête, voir cet article) en hausse de 60% par rapport à l'année précédente. Deuxième salve le 20 avril, lorsque l'administration chinoise de l'énergie a publié les chiffres de raccordement pour le premier trimestre 2015 : 5.04GWc, soit l'équivalent de la totalité du parc français (5.7GWc en 2014). A ce rythme, la Chine va très certainement rattraper l'Allemagne et devenir le leader mondial du solaire photovoltaïque en 2015. Pas si mal quand on sait qu'en 2011, elle faisait jeu égal avec... la Belgique. Et qu'en 2007, l'ensemble du parc chinois ne dépassait pas la puissance d'une grosse centrale solaire !
On peut certainement parler de croissance explosive : entre 2000 et 2014, le parc solaire photovoltaïque chinois a été multiplié par 2000 ! Mais ces chiffres doivent quand même être mis en perspective avec les dimensions de la Chine et le retard qu'elle avait accumulé : l'électricité solaire ne représente toujours qu'une fraction du mix chinois (de l'ordre de 35TWh d'après mes estimations, soit 0.7%) très largement derrière l'Italie, championne du monde en la matière avec 7.92% de son électricité d'origine solaire. Malgré son envol, le solaire photovoltaïque chinois est encore loin d'entamer la dépendance du pays au charbon. Après avoir été longtemps un immense fabricant de panneaux solaires mais un très petit installateur (un paradoxe dont je vous parlais en 2013), la Chine ne fait somme toute que rattraper son retard. Il existe cependant un domaine dans lequel le solaire chinois est vraiment impressionnant : c'est l'usage du solaire thermique.
... mais c'est dans le solaire thermique que la Chine est vraiment révolutionnaire
La différence entre solaire photovoltaïque et solaire thermique ? Le solaire photovoltaïque, ce sont les panneaux solaires "classiques" que l'on voit régulièrement sur les toits français et qui permettent de produire de l'électricité. Le solaire thermique permet lui de produire de l'eau chaude, généralement pour des usages sanitaires ou pour le chauffage. Le principe est grosso modo le même que lorsque vous laissez un tuyaux d'arrosage au soleil et que l'eau en sort tiède quelques heures plus tard, avec quelques petits raffinements qui permettent par exemple de produire de l'eau chaude même lorsque la température extérieure est négative.
Si vous vous êtes déjà rendu en Chine, et si vous avez un oeil d'énergéticien, vous avez certainement noté l'omniprésence des chauffe-eaux solaires. Pas un toit qui en soit dépourvu même dans l'habitat collectif et dans la moitié sud du pays il n'est pas rare que ce soit la seule source d'eau chaude du domicile y compris pour la classe moyenne urbaine. Les statistiques de l'Agence internationale de l'Energie illustrent l'avance de la Chine dans ce domaine : avec 180GW installés, elle possède les deux-tiers de la capacité solaire thermique mondiale, les États-Unis sont deuxième avec 16GW. Même en ramenant le parc à la population, la Chine reste en tête avec 33 watt par habitant contre 29 pour l'Australie (la France est loin derrière avec 2.7W/hab). Et les installations se poursuivent : en 2012, la Chine a installé 44.7GW, soit 85% des installations mondiales et autant que l'ensemble du parc existant en Europe !
Chauffe-eaux solaires près de Shanghai
Comme chauffer de l'eau est très énergivore, cet usage massif du solaire thermique permet d'importantes économies d'énergies et de carbone : en 2012, toujours, l'AIE estimait que la Chine économisait ainsi 186TWh par an. Pour comparaison, la production d'électricité renouvelable chinoise (hors hydroélectrique) était à la même époque d'environ 160TWh. La contribution du solaire thermique au verdissement de la Chine est supérieure à celle du solaire photovoltaïque, de l'éolien et de la biomasse réunies ! En terme d'empreinte carbone, le gain est tout aussi important : l'AIE l'évalue à 52 millions de tonnes de CO2 par an, soit grosso-modo l'équivalent des émissions du Portugal ou de l'Autriche. Dernière précision : le secteur emploie 3.5 millions de chinois...
De mon point de vue, la Chine est bien en train de révolutionner l'énergie solaire, mais ce n'est pas parce que le photovoltaïque y a connu quelques années de forte croissance. Au contraire alors que les pays développés s'orientaient pour la plupart vers le solaire photovoltaïque et ses nombreux problèmes, du stockage de l'électricité jusqu'au recyclage des panneaux, la Chine a résolument donné la priorité à une solution low-tech, plus simple mais aussi plus efficace. Aujourd'hui le solaire thermique est largement adopté par les chinois et, pratiquement sans aucune aide publique, il réduit sensiblement la demande en énergie du pays et ses émissions de gaz à effet de serre. Voilà une success story que nous serions bien inspiré de méditer...
Si cet article vous a intéressé, voici quelques lectures complémentaires :
Interview : "En Chine, ce sont les pressions intérieures qui poussent à la transition énergétique"
Quelques réflexions sur le conflit entre l'Europe et la Chine sur le solaire photovoltaïque
Visitez les centrales solaires les plus remarquables de la planète... avec Google Maps
Prendre le bus, couper l'eau quand vous vous brossez les dents et éteindre la lumière en sortant. Fin de l'affaire ? Si vous cherchez quelques idées un peu plus originales pour faire de 2015 une année verte, voici ce que j'ai en boutique...
Bonne résolution verte n°0 :
Et si vous commenciez par respecter vos (autres) résolutions ?
Arrêter de fumer, moins boire, manger plus sainement... rien à voir avec l'environnement ? Détrompez-vous : ce qui est mauvais pour vous est rarement bon pour la planète (et vice-versa).
La culture du tabac est responsable de la déforestation de 200.000 hectares par an et fait concurrence à l'agriculture vivrière : les surfaces utilisées pour produire du tabac pourraient nourrir 10 à 20 millions de personnes. Le tabac est ailleurs une plante fragile, nécessitant de nombreux traitements chimiques.
La fabrication d'alcool a elle-aussi besoin de grandes surfaces pour des cultures souvent très friandes en eau. Et la récolte finira en grande partie sous forme de déchet : pour 1 litre de tequila, par exemple, 5kg de déchets solides et 7 à 10 litres d'eau contaminée sortent également de la distillerie. A cela s'ajoute l'empreinte carbone liée au transport et à la réfrigération.
Faut-il revenir sur le cas de la malbouffe ? Selon l'ADEME, les produits alimentaires sont la troisième source de gaz à effet de serre en France, pratiquement à égalité avec le transport. Cuisiner vous-même des produits locaux et de saison est bon à la fois pour vous, votre famille et votre environnement...
"Ma bonne résolution verte pour 2015 : prendre soin de moi, et de la planète."
Bonne résolution verte n°1 :
Passer du café au thé
Restons un instant sur l'alimentation : vous êtes plutôt thé ou café ? Derrière ce choix anodin se cachent des montagnes d'eau : il faut 21.000 litres d'eau en moyenne pour produire un kilo de café contre "seulement" 9.200 pour un kilo de thé. En remplaçant ses 5kg de café annuel par 5kg de thé, le français moyen économiserait donc 60.000 litres d'eau par an. C'est l'équivalent d'un bain par jour ! Alors... Chiche que vous remplacez votre café de 14h par une tasse de thé ?
"Ma bonne résolution verte pour 2015 : remplacer mon café par un thé !"
Bonne résolution verte n°2 :
Taper l'adresse web de vos sites préférés dans la barre d'adresse
Alors d'accord, comme ça, ça peut avoir l'air un peu bête. Mais combien sommes-nous à passer par un moteur de recherche pour aller sur des sites dont nous connaissons parfaitement l'adresse web comme facebook.com, lemonde.fr ou autres du même genre. Ce petit détour n'est pas neutre : selon une étude fameuse (et vigoureusement contestée par le premier intéressé), faire deux recherches sur Google consomme autant d'énergie que de chauffer une bouilloire d'eau. Et si vous n'y arrivez vraiment pas, vous pouvez toujours faire d'Ecosia votre moteur de recherche par défaut : cette entreprise allemande compense l'empreinte carbone de vos recherches et verse 80% de ses bénéfices à des projets de reforestation.
"Ma bonne résolution verte pour 2015 : mieux utiliser les moteurs de recherche."
Bonne résolution verte n° 3 :
Participer à la mobilisation avant la conférence de Paris
En décembre 2015, Paris accueillera la 21e conférence internationale sur la climat (alias COP21). Cette conférence doit trouver un nouveau système pour limiter les émissions de gaz à effet de serre après l'expiration du protocole de Kyoto. Et même si nous sommes tout au plus à quelques années d'une catastrophe irréversibles, c'est peu dire qu'elle n'est pas très bien engagée. Il reste quelques mois pour faire pressions sur les décideurs politiques, et même pour les plus paresseux c'est l'occasion ou jamais de s'engager : tout se passe a coté de chez vous ! Vous pouvez bien sur choisir une organisation de protection de l'environnement ou une organisation humanitaire (qui font déjà face aux conséquences du changement climatique) mais vous aurez aussi l'embarras du choix parmi les initiatives et de manifestations ponctuelles : l'Armada pour le climat, "The place to be", la "climate week" du WWF en mars, "My cop in Paris" pour les étudiants, "One earth, one tree", "Black market for usefull knowledge" en octobre... Les occasions de vous informer et de vous impliquer ne vont pas manquer dans les prochains mois !
"Ma bonne résolution verte pour 2015 : m'engager pour le climat avant la COP21 à Paris !"
Bonne résolution verte n°4 :
Suivre un cours en ligne sur le développement durable
C'est l'une révolution de ces dernières années : grâce aux MOOC, les cours en ligne ouverts et massifs, vous pouvez suivre gratuitement des formations dispensées par les meilleures universités du monde. Pourquoi ne pas en profiter pour vous mettre à jours sur les problématiques environnementales et approfondir en interagissant avec des étudiants des quatre coins du monde ? Ce n'est pas le choix qui manque en ce début d'année :
Sur la plateforme francophone France Université Numérique le cours de l’École Centrale sur le développement durable redémarre une session en février.
Également en français, le cours de l'Université de Louvain : Ressources naturelles et développement durable en février.
Et pour les anglophones, il y a l'embarras du choix : Politics and Economics of international energy de Science-Po (début le 19 janvier), Forests and Livelihoods in Developing Countries de l’UBC (dès le 6 janvier), Introduction to Environmental Science de l'Université de Dartmouth (à partir du 3 février), The Age of sustainable development de l'Université de Columbia (à votre rythme : vous pouvez démarrer le 1er au matin si vous êtes motivé !), Greening the Economy: Lessons from Scandinavia (à partir du 19 janvier) et beaucoup d'autres...
"Ma bonne résolution verte pour 2015 : suivre un cours en ligne sur le développement durable."
Bonne résolution verte n°5 :
Et si vous vous y mettiez aussi à votre travail ?
La création de politiques de développement durable dans les entreprises est une très bonne chose, mais elle a parfois fait oublier que rien n'est possible sans l'ensemble des salariés. Au-delà des génériques "mettre votre ordinateur en veille", "éteignez la lumières dans les toilettes".... il y a sûrement des choses à faire dans votre domaine professionnel pour le rendre un peu plus écologique, et personne ne peut le savoir mieux que vous dont c'est le métier. Prenez deux minutes pour y réfléchir. Et parlez en à vos collègues ou à votre responsable développement durable si votre entreprise en a un : je peux vous garantir qu'au moins vous lui ferait plaisir...
"Ma bonne résolution verte pour 2015 : m'y mettre aussi au travail !"
Bonne résolution verte n°6 :
Mettez-vous au défi !
Même avec beaucoup de bonne volonté, rien n'est plus difficile à changer qu'une habitude. Une bonne stratégie : évitez les grands mots ("plus jamais", "toujours", etc.) et mettez vous au défi pour un temps limité. est de se mettre au défi pour un temps limité. Ne dites pas que vous n'utiliserez plus jamais que les transports en commun mais essayer de vous passer une semaine de votre voiture. Peut-être que vous vous apercevrez que c'est plus facile que prévu... et si ce n'est pas le cas vous aurez au moins essayé !
"Ma bonne résolution verte pour 2015 : je me met au défi !"
Si vous voulez un peu d'inspiration, je vous propose 15 défis. Pourrez vous les relever cette année ?
Vous en voulez encore ? Jetez un coup d'œil à mes propositions de bonnes résolutions écologiques pour l'année dernière. Vous pouvez également partager vos idées en commentaire, je les ajouterai à l'article !
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