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Tuesday, April 7, 2015

Mis à jour Et si finalement la finance sauvait le climat

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Finance et changement climatique : divestment, risque carbone, activisme actionnarial
Vous n'associez pas a priori Standard & Poor's à la lutte contre la changement climatique ?
Vous avez peut-être tort : en avril, l'agence de notation a averti que le changement climatique aurait un impact sur la solvabilité des entreprises - elle avait déjà lancé un avertissement similaire l'année dernière pour les dettes souveraines. A terme, elle pourrait prendre en compte la résilience au changement climatique dans sa méthodologie de notation : Imaginez ce qu'il se passerait si, d'un seul coup, les entreprises qui émettent le plus de gaz à effet de serre ou qui sont mal préparées aux effets du réchauffement voyaient leurs notes baisser...


> Pour une mise à jour après la COP21, n'hésitez pas à télécharger cette études des conséquences économiques et technologiques de l'Accord de Paris




Les financiers de plus en plus sensibles aux risques climatiques


Refuser de placer son argent dans les industries les plus polluantes ou le retirer progressivement (le désinvestissement ou "divestment" en anglais) était jusqu'à assez récemment un comportement militant. Les universités anglo-saxonnes, poussées par leurs étudiants et professeurs, s'y sont illustrées depuis quelques années comme d'autres fonds déjà impliqués dans l'investissement socialement responsable.
Mais depuis le sommet de New York en septembre 2014, c'est l'ensemble de l'industrie financière qui commence à s'intéresser au climat, et le prendre en compte dans les décisions d'investissement est de moins en moins tabou... Dans une étude récente, Novethic a recensé les investisseurs internationaux qui ont pris des engagements en matière de changement climatique. Résultats :

"550 banques, assurances, fondations, etc. gérant plus de 22.000 milliards d'euros se sont déjà engagées pour le climat."




Pourquoi ? Parce que les investisseurs perçoivent désormais des risques réels pour la valeur de leurs portefeuilles :
  1. Risque carbone, c'est-à-dire le risque de voir les entreprises très émettrices en gaz à effet de serre perdrent de la valeur parce que de nouvelles réglementations rendent leurs opérations plus difficiles, voire remettent en cause leur business-model. Les premiers concernés sont les énergéticiens qui détiennent des réserves de pétrole, de charbon ou de gaz : ces actifs ont-ils encore une valeur alors que la communauté internationale s'est engagée à limiter le réchauffement à 2°C, ce qui implique de laisser dans le sol un tiers des réserves de gaz, deux tiers de celles de pétroles et 80% du charbon ?
  2. Risque climat, c'est-à-dire le risque que le changement climatique mette des entreprises en difficulté. C'est par exemple le cas de l'agro-alimentaire : est-il réellement préparé pour faire face à une baisse des rendements agricoles ou à un accès plus difficile à l'eau ?
Les investisseurs sont en train de réaliser que la combinaison de ces deux risques rend les investissements dans certaines entreprises hasardeux. Et cette prise de conscience pourrait avoir un très fort effet de levier : en détournant le capital des entreprises carbo-intensives, elle peut rendre instantanément plus difficile les investissements dans de nouvelles énergies fossiles comme les sables bitumineux ou le gaz de schiste. A l'inverse, les entreprises résilientes au changement climatique ou peu émettrices pourront accéder plus facilement aux fonds.


Et après ? Comment mettre (et garder) le secteur financier sur la voie des 2°C ?


Il est bien entendu trop tôt pour ce réjouir. Cette évolutions pose de nombreuses questions : Comment mesurer l'empreinte carbone d'un portefeuille ? Peut-on décliner dans le domaine de la finance l'objectif des 2°C ? En particulier, comment faire en sorte, non seulement de ne plus investir dans les activités polluantes, mais aussi de financer celles qui permettent la transition comme l'efficacité énergétique ou les énergies renouvelables ?
Une question très concrète par exemple : faut-il réellement désinvestir ? Certes ça rendra la vie des pétroliers plus difficiles mais ça ne les incitera pas vraiment à améliorer leurs pratiques. Ne vaudrait-il pas mieux continuer à investir dans le secteur des énergies fossiles mais seulement chez les "best in class", les entreprises qui font de réels efforts ?
De nombreux travaux sont en cours sur ces sujets, notamment chez le World Ressource Institute qui devrait les publier pendant la Climate Week en mai prochain.

Enfin, et surtout, la finance est une affaire d'anticipation. Si le secteur bouge aujourd'hui, c'est parce qu'il anticipe des réglementation plus sévères. Il ne continuera pas longtemps dans cette voie si la mobilisation de la société civile s’essouffle ou si les gouvernements semblent incapables de limiter réellement les émissions de gaz à effet de serre.
Un changement important est peut-être en train de prendre forme mais il reste fragile... et notamment conditionné à la réussite de la conférence de Paris sur le Climat !

Illustration : By Harald Bischoff (Own work) [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons

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Saturday, August 2, 2014

Avis dexpert Pourra t on un jour retirer des gaz à effet de serre de latmosphère

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Dans quelques jours, l'Accord de Paris sur le climat sera ouvert à la signature au siège new-yorkais de l'ONU. C'est une première étape vers son entrée en vigueur, et l'occasion se s’interroger sur les effets de cet accord dans les années et les décennies qui viennent.

> Cet entretien est extrait d'une étude sur les implications économiques et technologiques à long-terme de l'Accord de Paris. Vous pouvez télécharger l'étude complète ici.


En se donnant pour objectifs d'atteindre zéro émission nette pendant la seconde moitié du XXIe siècle (article 4 : "parvenir à un équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre au cours de la  deuxième  moitié  du  siècle"), l'Accord de Paris sous-entend que nous serions capable de retirer des gaz à effet de serre de l'atmosphère et ainsi de compenser les émissions que nous ne parviendrons pas à éliminer.
En réalité, si nous commençons à savoir capter le dioxyde de carbone dans les fumées des installations émettrices, nous sommes encore loin de pouvoir l'isoler en grandes quantités dans l'air ambiant où il est 500 fois moins concentré. Alors, la capture atmosphérique du carbone est-elle un mirage ?
J'en ai discuté avec Noah Deich, directeur du Center for Carbon Removal à l'université de Berkeley.


En quoi la capture atmosphérique du carbone est-elle importante après l'Accord de Paris ?

représentation d'une molécule de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre d'origine humaineLa capture du carbone est très précieuse pour atteindre l'objectif de long-terme de l'Accord de Paris. Au rythme actuel, le budget carbone permettant de limiter le réchauffement à 2°C sera épuisé dans 20 ans et le budget associé à 1.5°C sera épuisé dans seulement 6 ans. Même si les INDC proposées avant la COP21 sont toutes respectées, les émissions vont continuer à croitre pendant les prochaines décennies. Comme seule la capture atmosphérique peut compenser un dépassement de notre budget carbone, c'est une assurance vitale au cas où nous ne pourrions pas réduire les émissions assez vite .
Une autre raison importante pour développer les solutions de capture atmosphérique du carbone est qu'elles peuvent aider à élargir le soutien aux politiques climatiques, ce qui utile aussi bien pour réduire les émissions que pour capturer le CO2. Une explication complète de l’intérêt de la capture atmosphérique est disponible dans notre rapport Philanthropy Beyond Carbon Neutrality.

La capture atmosphérique est souvent vue comme de la science-fiction, qu'en est-il vraiment ?

La capture du carbone est souvent représentée à tort comme une seule solution ou une seule approche. En réalité, il existe une large variété de solutions écologiques et technologiques capables de retirer du CO2 de l'air, par exemple la restauration des écosystèmes, le biocharbon, la biomasse avec capture et séquestration du CO2 et des procédés chimiques qui isole le CO2 directement dans l'air ambiant.
Toutes ces approches nécessitent encore de la recherche et développement avant que nous puissions retirer le dioxyde de carbone de l'atmosphère de façon sure et efficace. D'une manière générale, les techniques écologiques sont plus proches de leur maturité commerciale mais des pilotes et des démonstrateurs existent pour des technologies comme la biomasse + CSC ou la capture directe. Il ne s'agit donc certainement pas de science-fiction.

Aperçu des méthodes de capture atmosphérique du carbone envisagées à l'heure actuelle
(cliquer sur l'image pour agrandir)

Quel est le retour d'expérience des projets existants ?

Les premiers projets montrent que les méthodes biologiques nécessitent une comptabilité carbone et des standards d'analyse de cycle de vie rigoureux avant de pouvoir être valorisées. Les solutions technologiques, elles, sont encore chères mais les essais montrent que les coûts pourraient baisser considérablement avec leur déploiement. Nos analyses présentent plus d'informations sur les projets et les différentes solutions.
La question clé est l'échelle : Quelles solutions ont le meilleurs potentiel ? Et sous quelles conditions pourront-elles être mises sur le marché ?

Qu'est-ce qui est nécessaire aujourd'hui pour accélérer le développement de la capture atmosphérique ?

De la recherche et développement et des démonstrateurs pour faire baisser les coûts et améliorer la comptabilisation du carbone, ainsi que des politiques, des réglementations et des marchés qui créent une demande pour la capture atmosphérique. Il faut encore de la R&D pour un grand nombre de solution et il est trop tôt pour dire qui seront les gagnants et les perdants.

A votre avis, quand la capture atmosphérique pourrait-elle commencer à jouer un rôle significatif dans la lutte contre le changement climatique ? Et à quel prix ?

D'ici une décennie, la capture atmosphérique pourrait jouer un rôle majeur dans les efforts d'atténuation. Je m'attend à ce que les premiers développement portent sur les solutions agricoles et écosystémiques qui s'appuient sur la photosynthèse pour séquestrer le carbone dans les plantes et les sols. Les systèmes technologiques, comme la biomasse + CSC ou la capture directe, pourraient être disponibles à l'échelle commerciale peu après. La vitesse à laquelle ces solutions seront commercialisées dépend des investissement qui seront réalisés par les gouvernements et le secteur privé.
A long-terme, les coûts seront vraisemblablement entre 10 et 100$ par tonne équivalent CO2. Mais il est difficile de dire combien cela va couter de développer ces techniques jusqu'au moment où elle deviendront rentables.


Publié le 20 avril 2016 par Thibault Laconde



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Thursday, February 13, 2014

Six MOOCs pour mettre à jour ou développer vos connaissances sur le climat avant la COP21

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Si vous avez passé l'âge d'aller à l'école mais pas celui d'apprendre, pourquoi ne pas profiter de cette rentrée pour suivre un cours sur le changement climatique ?
Grâce aux MOOC, ces cours en ligne, gratuits qui réunissent souvent des dizaines de milliers de participants, vous pouvez accéder aux leçons de quelques uns des meilleurs professeurs de la planète depuis chez vous et échanger avec d'autres étudiants de toutes origines. Plusieurs plateformes offrent des dizaines de ces cours (par exemple la francophone FUN, Coursera ou EdX).

A quelques semaines de la Conférence de Paris sur le Climat, vous pouvez en profiter pour approfondir vos connaissances sur le changement climatique. Après tout le sujet nous concerne tous...


Se faire une culture générale sur le changement climatique


Pour un tour d'horizon des questions climatiques, aussi bien sous l'angle scientifique que social et politiques, vous pouvez essayer "Causes et enjeux du changement climatique". Ce cours est francophone et fera intervenir quelques unes des "stars" françaises de la discipline, notamment le glaciologue Jean Jouzel (vice-président du GIEC depuis 2002). Début le 19 octobre...



Si vous êtes anglophone ou que vous voulez un cours qui démarre tout de suite, l'université de Melbourne propose elle-aussi un tour d'horizon de la question avec un cours de 13 semaines qui a commencé le 31 août.
Dans le cas où vous seriez intéressé surtout par les questions scientifiques liées au changement climatique, l'University of British Columbia vous promet que vous saurez en parler avec votre "vieil oncle grincheux" à la fin de ce cours de 7 semaines (à partir du 14 octobre).


Quelques cours plus spécialisés


Si vous êtes déjà familier avec les questions climatiques, il existe des MOOC qui vous permettront d'approfondir certains aspects. Par exemple :
  • Climate change and public health de l'Université du Winsconsin. Ce cours propose d'étudier les liens entre changement climatique et santé et comment la réduction des émissions de gaz à effet de serre peut avoir des effets positifs aussi dans le domaine de la santé publique. Début le 9 novembre pour 4 semaines.
  • Introduction to climate and water de l'Université (néerlandaise) de Delft s'intéresse plus particulièrement à l'eau et aux défis posés par le changement climatique dans ce domaine. Il a commencé le 1er septembre pour 7 semaine.
  • Making Sense of Climate Science Denial de l'Université du Queensland porte sur la question du climatosceptiscisme en décortiquant les arguments les plus fréquents et en apportant un éclairage sociologique sur le négationnisme scientifique. Il fait intervenir une brochette particulièrement impressionnante d'universitaires parmi les plus prestigieux sur les questions climatiques (Michael Mann, Naomi Oreskes, Benjamin Santer...).

Pour terminer si vous vous intéressez au climat et à la COP21, ces articles vous seront certainement aussi utiles :
  • Comprendre les objectifs de la COP21 (les officiels et les autres)
  • 60 mots, expressions et acronymes pour comprendre le climat
  • Agenda des événements prévus avant et pendant la Conférence de Paris


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