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Wednesday, April 1, 2015

La COP21 sera t elle un succès et autres tentatives plus ou moins imprudentes de divination

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prévoir le déroulement de la COP21 et ses résultats pour le climat
Demain s'ouvre officiellement la conférence de Paris sur le Climat. Ses objectifs sont connus - ils ont été fixés par le mandat de Durban : il s'agit d'une part de trouver un nouvel accord permettant de limiter la hausse de la température moyenne à 2°C et d'autre part de financer l'adaptation des pays en développement.

Mais que va-t-il vraiment se passer pendant ces deux semaines. Comme disait l'autre, "la prédiction est un art difficile, surtout lorsqu'elle concerne l'avenir", mais il faut savoir vivre dangereusement...

Voici donc en 4 questions, ce qui va vraisemblablement se passer et pourquoi :
  • Y aura-t-il un accord juridiquement contraignant ? 
  • Sera-t-il suffisant pour rester sous le seuil des 2°C ?
  • Qui seront les pays au centre des discussions ?
  • Et pour finir, est-ce que la COP21 sera un succès ?
Rendez-vous dans deux semaines pour vérifier...

[Edit] Pour savoir ce qu'il s'est passé pendant la COP21, vous pouvez desormais télécharger mon analyse de l'Accord de Paris et de ses implications technologiques et économiques



    Y aura-t-il un accord juridiquement contraignant ?

    Oui, mais pas entièrement.


    Les pays ne se séparent presque jamais après une COP sans un accord (la seule exception est la COP6 de La Haye). La question n'est donc pas s'il y aura un accord à la COP21 mais à quoi il ressemblera. Et en particulier : la conférence de Paris pourra-t-elle aboutir à un texte juridiquement contraignant ?

    Un accord juridiquement contraignant s'impose sur le droit national des pays qui le ratifient : une fois que vous vous êtes engagé, vous ne pouvez plus revenir en arrière même en modifiant votre  loi ou votre constitution. C'est donc, en théorie, un engagement très fort. Et comme les règles de l'ONU impose l'unanimité, il est toujours difficile d'y parvenir.

    Mais si l'accord de Paris ne sera pas entièrement juridiquement contraignant, c'est pour une autre raison : Barack Obama n'a ni le temps, ni les moyens politiques d'obtenir le vote des deux-tiers du Sénat, comme l'impose la Constitution américaine pour la ratification des accords internationaux.
    Il peut s'en sortir par une pirouette juridique : le président des États-Unis peut engager son pays sans passer par le Sénat avec un "executive agreement". De nombreux juristes ont planché sur la question et le consensus qui se dégage est qu'Obama pourrait signer sans l'accord du Sénat à condition que le texte ne contienne pas d'engagement d'émission ni de financement.
    Évidemment, cela réduit fortement les ambitions... Mais a-t-on le choix ? Les États-Unis sont le deuxième émetteur de gaz à effet de serre de la planète et il est peu probable que les grands pays émergents, Inde (3e émetteur) et Chine (1ère) en tête, signent s'ils ont un doute sur l'engagement américain.

    Sauf à créer une coquille vide, la communauté internationale est donc obligée de tailler un texte sur mesure pour les États-Unis. Cette contrainte exclut un accord entièrement juridiquement contraignant, il est probable que le texte qui sortira de la COP21 sera hybride : avec des parties contraignantes (probablement la procédure de révision des engagements) complétés par des engagements politiques (sur les émissions et les financements).


    Est-ce que l'accord permettra de rester sous le seuil de 2°C ?

    Non.


    C'est l'autre point-clé du mandat de Durban, hérité de la conférence de Copenhague : la communauté internationale veut limiter la hausse de la température moyenne à 2°C entre le début de l'ère industrielle et la fin du XXIe siècle.
    Les engagements de réduction des émissions qui seront pris à Paris (et qui n'auront pas de valeur juridique, cf. paragraphe précédent) seront sans doute insuffisants pour atteindre cet objectif. En effet, en amont de la conférence, les participants ont été invités à communiquer les engagement qu'ils sont prêts à prendre (aussi appelés INDC). Lorsque l'on agrège ces chiffres et qu'on les entre dans un modèle climatique, on voit qu'on se trouve sur la trajectoire d'une hausse de 3°C plutôt que de 2.

    Un degrés de plus, ça peut paraître peu mais cela correspond à plusieurs centaines de milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Même si on est pas à l'abri d'une bonne surprise et d'engagements plus ambitieux annoncés pendant la conférence, il est peu probable qu'ils soient suffisants. C'est la raison pour laquelle il est important que l'accord contienne des clauses de revoyure, prévoyant un examen et une révision régulière des engagements.


    Quels pays vont bloquer ? Quels pays vont être au centre des discussions ?

    Les pays pétroliers et les grands émergents


    Les INDC permettent également de deviner le rôle des différents pays, et deux choses semblent évidentes :
    • Les pays pétroliers n'ont pas caché leurs mauvaise volonté : seuls deux pays membres de l'Organisation des Pays Producteurs de Pétrole ont publié leurs INDC dans les temps (l'Algérie et l'Equateur). Et lorsque, comme l'Arabie Saoudite, ils ont fini par rendre leurs copies elles se sont révélées très décevantes.
    • La Chine et l'Inde sont désormais au coeur du problème. Au début des années 90, le changement climatique était surtout un problème européen et américain. Depuis la Chine a connu un développement fulgurant et elle est devenue le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre en 2007, l'Inde suit aujourd'hui le même chemin. D'après les INDC, en 2030, l'Inde et la Chine devraient être les deux premiers pollueurs de la planète très loin devant les États-Unis et l'Union Européenne.

      prévision d'émission de GES pour les principaux pays en 2030 : pourquoi la Chine et l'Inde seront les pays-clé de la COP21

      D'ici 15 ans, les émissions de ces deux pays devraient écraser celles des autres grandes économies : la Chine émettra 5 fois plus que l'Europe, l'Inde 3 fois plus. Et les émissions australiennes, par exemple, ne représenteront plus que 3% des émissions chinoises... Dans ces conditions, la Chine et l'Inde vont se retrouver au coeur des discussions : compte-tenu des volumes en jeu un effort supplémentaire de leur part, même quelques dixièmes de pourcents, sera significatif ! La position de l'Inde, qui est traditionnellement très attachée au droit au développement, sera particulièrement observée.
    Ces deux groupes de pays sont, a priori, protégés par le principe de responsabilité commune mais différenciée. Un principe inscrit dans la Convention Climat signée en 1992 et qui veut que les pays industrialisés (listés dans l'annexe I) soient les principaux responsables du changement climatique et doivent porter l'essentiel des efforts. On peut donc prévoir que ce principe de différencienciation sera au coeur des discussions.


      Alors, la COP21 sera un succès ou un échec ?

      Tout dépend ce qu'on en attend...


      Vous l'aurez compris à ce stade, il y aura vraisemblablement un accord le 11 décembre mais il sera insuffisant et très en recul par rapport aux objectifs affichés par le mandat de Durban.
      Mais d'un autre coté, le texte qui sortira de la COP21 sera sans doute le plus ambitieux et le plus complet de l'histoire des négociations climatiques : pour la première fois tous les pays devraient être à bord et s'engager sur une trajectoire de réchauffement beaucoup plus basse que les 4 à 5°C que nous aurions si nous ne faisions rien. La conférence de Paris devrait aussi permettre de redéfinir une méthode et des principes qui remettent les discussions sur les rails après 20 ans d'échec.

      Alors est-ce que ça en fait un échec ou un succès ? Une chose est sure : la question du changement climatique ne sera pas résolue à la fin du sommet : les engagements pris devront être vérifiés et revus régulièrement, ils devront être déclinés dans les politiques nationales, mis en oeuvre par les collectivités, les entreprises et les consommateurs... Même si je m'attend à un succès, la conférence de Paris sera plus un nouveau départ qu'un aboutissement.

      Publié le 29 novembre 2015 par Thibault Laconde


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      Thursday, May 15, 2014

      Quel sera lévenement ou la tendance de 2015 dans le développement durable 5 blogueurs répondent

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      Que nous réserve 2015 ? RSE, protection de l'environnement, changement climatique... Quels sont les sujets qui feront l'actualité ? Dans le domaine du développement durable, cette nouvelle année est porteuse de beaucoup d'espoirs et de nombreuses craintes.

      Pour comprendre ces enjeux, j'ai demandé à quatre blogueurs aux profils variés mais tous intéressés par les questions environnementale et sociales quelle sera selon eux l’événement ou la tendance qui marquera l'année 2015.
      Je vous laisse découvrir leurs avis...



      "Les entreprises nous aideront à moins consommer." - Responsabilité sociale



      En ce début d'année 2015, je dois avouer qu'à défaut d'être sûr qu'elle sera déterminante, j'espère qu'une tendance forte sera celle de la prise de conscience grandissante par les entreprises de la raréfaction des ressources.

      Cela paraît être une évidence, tant il est vrai que nous pouvons lire partout que les ressources de la planète sont de moins en moins disponibles, que les réserves s'épuisent. Si nombreux sont ceux qui ont conscience de ce phénomène, nombreux sont également ceux qui agissent comme si de rien n'était.
      En 2014, le Jour du dépassement - Overshoot Day - qui marque dans une année la date théorique à laquelle l’humanité a consommé l’équivalent des ressources naturelles que peut produire la Terre en un an sans compromettre leur renouvellement, a eu lieu le 18 août. Ce qui signifie que nous avons vécu pratiquement 4 mois et demi "à crédit". Et ce sera pire en 2015, vraisemblablement 3 jours plus tôt.

      Je suis persuadé que les entreprises ont un rôle clé à jouer, si elles intègrent ces considérations de raréfaction des ressources dans leur stratégie. Par exemple en orientant leur business model vers l'économie circulaire, l'économie collaborative ou encore l'économie de la fonctionnalité. Il est possible pour une entreprise d'influencer la façon de consommer de ses clients. Et faire consommer moins ne signifie pas nécessairement voir son bénéfice baisser. Il s'agit simplement de miser sur l'innovation pour proposer des produits de meilleure qualité, répondant de manière plus simple à nos besoins, accompagnés d'un service à la clientèle hors norme.
      2015 pourrait être l'année où les entreprises nous aideront à moins consommer.


      "L'arrivée de la Chine va bouleverser le jeu." - Chinoiseries



      Deux fois plus peuplée que l'Union Européenne, la Chine est devenue en 2014 la première économie mondiale à parité de pouvoir d'achat en dépassant les États-Unis. C'est un mastodonte qui pèse lourdement dans toutes les questions environnementales - elle est devenue il y a déjà une dizaine d'année le premier émetteur de gaz à effet de serre tout en restant considérée comme un pays du Sud, donc sans obligations de réductions.
      Pendant longtemps la position chinoise a été de faire passer le développement économique avant toute considération environnementale ou sociale. Cette position est-elle en train de changer ? Les chinois se montrent de moins en moins tolérant vis-à-vis des dégradations de leur environnement et leur économie semble entrer en transition : la croissance, folle depuis un quart de siècle, se calme, les industries low cost s'exilent vers le Viet-Nam ou le Bangladesh et le pays tente une montée en gamme qui peut se jouer aussi sur le plan de la durabilité.
      Difficile de prévoir quelles seront les conséquences si la Chine décide de s'impliquer réellement dans la gouvernance mondiale de l'environnement, mais une chose est sure : son arrivée va bouleverser le jeu. Car ce sera l'entrée en scène d'un poids-lourd, mais surtout d'une nouvelle civilisation, dotée de sa propre manière de concevoir la place de l'homme dans le monde et ses relations avec la nature.



      "L'année de tous les dangers, attention implosion !" - D'Dline 2020



      Au chapitre Économie tout d’abord, aucune embellie en matière de croissance, bien au contraire, on parlera sans doute de déflation voire de décroissance. De surcroît 2015 pourrait bien être le théâtre d’une nouvelle crise financière comme le prédit Jacques Attali depuis mai 2014… « So, here we are ? »
      Au chapitre Social l’atmosphère politique devrait être plus qu’atone après les cinglantes désillusions des français tout au long de 2014. Le Politique est en crise de sens et son pilotage plus qu’incertain : le chômage, lui, galope toujours et il pourrait bien gagner le tiercé du désengagement irréversible des français … « Attention, implosion ! »
      Au chapitre Environnement seul le Climat devrait malheureusement réchauffer nos sueurs froides avec à la clé 2° de + sur Terre d’ici la fin du siècle… Notre sort est aujourd’hui plus qu’hier entre les mains des plus gros pollueurs de la Planète à savoir les États-Unis et ses toutes nouvelles richesses fossiles et la Chine, acculée dans son propre pays par une sidérante pollution… « Quand Géostratégie rimera-t-elle avec Compromis ? »
      Bon, parce que vous êtes sûrement nombreux comme moi à avoir envie d’y croire, voici quelques notes d’espoir :
      • l’avenir de l’économie est dans le partage et l’ESS reste à construire !  
      • l’avenir de l’emploi est dans la débrouille : amateurs de DIY, l’avenir est à vous !
      • l’avenir du climat et de l’environnement se joue à Paris en 2015 : ce sera l’année des accords durables ! "De quoi passer l'année tranquille"

      "Économiser, créer, recycler est devenu classe." - Eco-créateurs



      Pour prédire un peu l'avenir, il faut déjà regarder dans le passé, l'évolution que nous menons et vers quoi nous tendons. Je ne pense pas que l'année 2015 sera tellement différente de 2014. J'ai d'ailleurs été bien déçue (entre autre) par les non-prises de décisions des gouvernements sur le réchauffement climatique et ça devient vraiment urgent. Mais on sait tous que pour avancer, il ne faut pas toujours compter sur les autres n'est-ce pas?

      Cependant, de plus en plus de personnes s'investissent pour la cause environnementale et ça s'en ressent.
      Je me souviens, gamine, les routes étaient pleines de détritus... Aujourd'hui il devient rare de voir une personne jeter quelque chose volontairement ou aux yeux de tous par terre. On sait que c'est mal et c'est devenu aussi mal-vu.
      Tout le monde aujourd'hui connait les enjeux environnementaux et on sait tous qu'il faut que chacun apporte sa contribution tel un colibri dans une histoire africaine, et ce, grâce à internet. Il faut vraiment venir d'une autre planète pour ne pas être au courant !
      Grâce à la crise également, les gens ont peu à peu délaissé la surconsommation, se sont entraidé, ont commencé à fabriquer les choses elles-mêmes... Et puis finalement, un ami leur a dit que c'était écolo, et vu que ça met notre conscience plus tranquille et que c'est très bien vu, finalement, économiser, créer, recycler est devenu classe. Ce que l'on aurait pu voir comme péjoratif il y a encore peu, est aujourd'hui devenu une mode.

      La démocratisation des sites de partage comme le covoiturage, les amaps, les sites de deuxièmes mains et autre... Sont tous écolos et éconos, deux enjeux actuels qui se diffusent de plus en plus... font que je suis certaine qu'en 2015, il y aura encore beaucoup de sites, d'associations et de partages qui se créeront.
      Seul l’État verra cela d'un mauvais œil (et les grosses industries) finalement, puisque les bénéfices reviennent au peuple et forcément moins à eux... Il va juste falloir donc faire attention à ne pas se faire tout prendre et taxer parce que ça arrive vite malheureusement.
      En 2015, soyons simplement malin, soyons écolos, éconos, prêteurs, aidant son prochain en étant plus équitable et ne donnant plus toujours aux mêmes.


      Et pour conclure rapidement sur mon propre avis...


      Avec la COP21, 2015 verra une des toutes dernières chances d'endiguer le changement climatique avant que l'effet de serre entraine des effets ingérables. La probabilité d'un accord à la mesure de cet enjeu est faible mais quoiqu'il en soit je crois que cette année devrait être celle d'un sursaut : sursaut des Etats, peut-être, avec de réels engagements pour lutter contre les émissions de CO2 et contre leurs conséquences déjà perceptibles, mais plus probablement sursaut de la société civile.
      Peut-être cette année réaliserons nous, contraints et forcés, que nos institutions ne peuvent pas seules défendre l’intérêt général. Dans le domaine environnemental, comme dans bien d'autres, nous ne pouvons pas déléguer tous nos problèmes à une autorité chargée de nous guider : c'est à nous de nous relever les défis et d'agir à notre niveau.


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      Thursday, February 13, 2014

      Six MOOCs pour mettre à jour ou développer vos connaissances sur le climat avant la COP21

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      Si vous avez passé l'âge d'aller à l'école mais pas celui d'apprendre, pourquoi ne pas profiter de cette rentrée pour suivre un cours sur le changement climatique ?
      Grâce aux MOOC, ces cours en ligne, gratuits qui réunissent souvent des dizaines de milliers de participants, vous pouvez accéder aux leçons de quelques uns des meilleurs professeurs de la planète depuis chez vous et échanger avec d'autres étudiants de toutes origines. Plusieurs plateformes offrent des dizaines de ces cours (par exemple la francophone FUN, Coursera ou EdX).

      A quelques semaines de la Conférence de Paris sur le Climat, vous pouvez en profiter pour approfondir vos connaissances sur le changement climatique. Après tout le sujet nous concerne tous...


      Se faire une culture générale sur le changement climatique


      Pour un tour d'horizon des questions climatiques, aussi bien sous l'angle scientifique que social et politiques, vous pouvez essayer "Causes et enjeux du changement climatique". Ce cours est francophone et fera intervenir quelques unes des "stars" françaises de la discipline, notamment le glaciologue Jean Jouzel (vice-président du GIEC depuis 2002). Début le 19 octobre...



      Si vous êtes anglophone ou que vous voulez un cours qui démarre tout de suite, l'université de Melbourne propose elle-aussi un tour d'horizon de la question avec un cours de 13 semaines qui a commencé le 31 août.
      Dans le cas où vous seriez intéressé surtout par les questions scientifiques liées au changement climatique, l'University of British Columbia vous promet que vous saurez en parler avec votre "vieil oncle grincheux" à la fin de ce cours de 7 semaines (à partir du 14 octobre).


      Quelques cours plus spécialisés


      Si vous êtes déjà familier avec les questions climatiques, il existe des MOOC qui vous permettront d'approfondir certains aspects. Par exemple :
      • Climate change and public health de l'Université du Winsconsin. Ce cours propose d'étudier les liens entre changement climatique et santé et comment la réduction des émissions de gaz à effet de serre peut avoir des effets positifs aussi dans le domaine de la santé publique. Début le 9 novembre pour 4 semaines.
      • Introduction to climate and water de l'Université (néerlandaise) de Delft s'intéresse plus particulièrement à l'eau et aux défis posés par le changement climatique dans ce domaine. Il a commencé le 1er septembre pour 7 semaine.
      • Making Sense of Climate Science Denial de l'Université du Queensland porte sur la question du climatosceptiscisme en décortiquant les arguments les plus fréquents et en apportant un éclairage sociologique sur le négationnisme scientifique. Il fait intervenir une brochette particulièrement impressionnante d'universitaires parmi les plus prestigieux sur les questions climatiques (Michael Mann, Naomi Oreskes, Benjamin Santer...).

      Pour terminer si vous vous intéressez au climat et à la COP21, ces articles vous seront certainement aussi utiles :
      • Comprendre les objectifs de la COP21 (les officiels et les autres)
      • 60 mots, expressions et acronymes pour comprendre le climat
      • Agenda des événements prévus avant et pendant la Conférence de Paris


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      Friday, May 17, 2013

      Le changement climatique opportunité ou menace Demandons son avis à un homme préhistorique

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      A priori, une hausse de la température moyenne est plutôt une chose sympathique. Entre autres, on peut espérer réduire les dépenses de chauffage, accélérer la croissance des plantes (donc les rendements agricoles) et aller à la plage plus souvent.
      C'est d'ailleurs comme ça que le voyait Svante Arrhenius, le premier a avoir compris que l'utilisation à grande échelle d'énergie fossile allait faire augmenter la température moyenne de la planète.
      En 1896, il calcule qu'un doublement de la concentration en dioxyde de carbone dans l'athmosphère conduirait à un réchauffement de 4°C (c'est à peu de choses près ce que prévoit toujours aujourd'hui le GIEC). Mais cette perspective ne l'inquiète pas particulièrement. D'autant qu'il savait déjà que le climat change naturellement : les archéologues du XIXe siècle avaient compris en analysant les restes d'animaux découverts sur des sites préhistoriques que la température avait changé significativement dans le passé - c'est d'ailleurs pour expliquer ces découvertes qu'Arrhenius s'intéresse à l'effet de serre. 


      Les variations climatiques du paléolithique supérieur et leur impact sur l'homme


      S'il avait disposé des connaissances que nous avons actuellement sur sur les variations passées du climat et de leurs conséquences pour les premiers hommes, il aurait peut-être été un peu moins enthousiaste....

      Lorsque les premiers hommes modernes débarquent en Europe, il y a environ 40.000 ans, ils y trouvent un climat a priori hostile : nous sommes en plein dans le dernier maximum glaciaire, une période de refroidissement global qui a culiminé il y a environ 20.000 ans, et la moitié nord de l'Europe est recouverte de quelques kilomètres de glace. Cependant cette période est ponctuée de rechauffements rapides et brefs. La température remonte alors pour atteindre des niveaux tempérés pendant quelques siècles. Ces anomalies sont connues sous le nom d'évenements de Heinrich et de cycle de Dansgaard-Oeschger et leur origine reste incertaine.

      Question : comment se sont comportés nos lointain ancètres lorsque ces événements leur offraient pour quelques générations un climat tempéré ?
      On peut répondre, au moins en partie, grâce aux progrès de la la datation au carbone 14 (notamment à la spectrométrie de masse par accélérateur) qui permet de dater précisément les vestiges et donc d'extrapoler les variations de population dans le temps. Et là, surprise...


      Les premiers européens préféraient le froid...


      Comme tout bon européen, nos ancètres sont allés se mettre à l'abri du froid en Espagne et dans le Sud de la France. Ils y resteront pendant toute la période glaciaire avec une population ne dépassant pas 40.000 individus (Van Andel et Davies, 2003).

      Plus surprenant : les intermèdes tempérés ne permettent pas à la population de croitre. C'est même le contraire qui s'est produit : la fréquences des sites baisse nettement à chaque réchauffement (d'Errico, 2010). Les premiers européens semblent bien avoir préféré les périodes de basse température...
      Les paléontologues expliquent ce résultat contre-intuitif par l'évolution de la végétation : nos ancètres étaient des chasseurs, grands consommateurs d'ongulés. Or ceux-ci se trouvent plus facilement dans les steppes, lorsque le climat se réchauffe, la steppe laisse place à une végétation plus dense, la chasse devient difficile et la population baisse.


      Et à l'âge de bronze ?


      Bon, vous me direz qu'il s'agissait de chasseurs dépendant très directement de leur environnement et qui n'avaient sans doute pas de connaissances techniques ou de structures sociales leur permettant de s'adapter à une variation du climat. Vous n'avez pas tort... Mais une société plus avancée garantit-elle un meilleurs résultat ?

      Faisons un grand bond en avant pour arriver en 850 avant notre ère. A ce moment-là, l'Europe connait encore un changement climatique rapide : son climat devient plus frais et plus humide.
      Au Pays-Bas, ce climat plus humide provoque une élévation rapide des nappes phréatiques : les plaines se tranforment progressivement en marais et en tourbières. Cette fois nos ancètres tentent de s'adapter : des fouilles ont montré queles habitants de Hollande Septentrionale, installés sur place depuis près d'un millénaire, ont modifié leurs techniques de constructions afin de surélever les habitations. Mais c'est insuffisant : les marécages continuant à gagner sur les terres arables, ces populations ont finalement été contraintes d'émigrer.
      Mais pour d'autres l'effet a été positif : c'est le cas des scythes, un peuple nomade installé à l'époque en Sibérie centrale. Pendant que les agriculteurs européens peinent, eux connaissent un remarquable développement démographique et culturel et une extension vers l'Europe de l'est et du Sud-est (ce qui les fera entrer en contact avec les Grecs). L'explication de cet essor semble tenir encore une fois à la végétation : avec un climat plus humide, des zones semi-arides se sont transformées en steppes favorables aux herbivores, donc aux nomades (Van Geel, 2009).

      Morale de l'histoire


      Parmi une multitude d'autres, ces quelques exemples montrent à quel point il est difficile de prévoir les effets d'une variation du climat sur une communauté humaine. Seront-ils positifs ou négatifs ? C'est l'interaction entre, d'une part, les modifications physiques de l'environnement causées par un changement climatique et, d'autre part, les caractéristiques (économiques, sociales, politiques, culturelles...) de la communauté considérée qui le dira. Interactions d'autant plus complexe et dynamiques que les sociétés sont développées et interdépendantes.

      De ce point de vue, je crois qu'il serait vraiment ambitieux d'essayer de prévoir comment le réchauffement que nous connaissons actuellement va influer sur nos propres sociétés et d'essayer de deviner des gagnants et des perdants, comme le font manifestement certains pays qui ne collaborent pas aux efforts de réduction des émissions.
      Nous pouvons sans doute, au moins en partie, prévoir les impacts du changement climatique actuel sur notre environnement physique mais beaucoup moins sur notre environnement humain. Et à l'arrivée, le résultat peut se révéler assez contre-intuitif...



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      Saturday, February 9, 2013

      Donner un prix au carbone Oui mais avec une taxe ou un marché

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      Taxe carbone ou marché ? quelle politique pour baisser nos émissions de CO2 ?
      Quelle(s) politique(s) mettre en oeuvre pour faire baisser nos émissions de gaz à effet de serre ?
      Même si cette question n'est pas directement à l'agenda de la Conférence sur le Climat de Paris (les négociations internationales portent sur les objectifs et laissent les moyens à la convenance des États), l'approche de la COP21 stimule les débats. Et un consensus semble se dessiner en faveur d'un prix du carbone.

      Du FMI à Greenpeace en passant par les grands patrons réunis lors du Business & Climate Summit, presque tout le monde semble d'accord sur cette expression, "prix du carbone", mais l'unanimité s'effrite rapidement lorsqu'il s'agit de l'outil à utiliser. D'un coté, il y a les partisans d'un marché des permis d'émission, de l'autre ceux d'une taxe sur le CO2. Petit comparatif....


      Taxe carbone, marché des émissions... comment ça marche ?


      D'abord, expliquons comment fonctionne un marché du carbone. Vous allez voir, c'est beaucoup plus simple qu'on l'imagine...
      1. Pour commencer, le régulateur définit les personnes et/ou les organisations concernées par le mécanisme. Par exemple, pour le marché du carbone européen (ou EU Emissions Trading System, ETS), il s'agit des producteurs d'énergie (à partir de 20MW) et des industries lourdes (raffinerie, métallurgie, fabrication de ciment, verre, papier, etc.) soit environ 11500 organismes.
      2. Ensuite, il définit une période d'engagement et le niveau d'émission qu'il souhaite pendant cette période.
      3. Il crée le nombre de permis d'émission correspondant. Par exemple si vous voulez émettre 1 milliards de tonnes équivalent-CO2, vous créez un milliard  de permis d'émettre une tonne.
      4. Enfin, le régulateur distribue ces permis aux régulés, il peut les donner gratuitement (c'est le cas dans le système européen pour les secteurs exposés à la concurrence internationale), les mettre aux enchères, etc.
      5. Les régulés peuvent vendre les permis qu'ils ont reçu ou au contraire en acheter d'autres, bref ils font leurs petites affaires. Les permis sont cotés et logiquement le prix varie en fonction de l'offre et de la demande.
      6. A la fin de la période, les régulés doivent posséder le nombre de permis correspondant à leurs émissions sinon ils payent un amende par permis manquant. Dans le système européen, cette amende n'est pas libératoire : les contrevenants doivent payer et acheter les permis manquants.

      Pour une taxe, ça commence pareil mais c'est encore plus facile :
      1. Le régulateur definit les personnes et/ou les organisations concernées par le mécanisme. 
      2. A intervalle régulier, les régulés présentent leurs comptabilités carbones et payent un montant fixé par tonne émise.

      Taxe vs. marché : le match


      Si vous avez suivi jusqu'ici, vous commencez sans doute à comprendre que la différence entre taxe et marché n'est pas que cosmétique.
      En fait, la régulation des émissions de gaz à effet de serre par un prix du carbone est un problème à deux dimensions :
      • D'une part le niveau d'émission acceptable, c'est-à-dire l'impact sur l'environnement,
      • D'autre part le prix d'une tonne de CO2 donc le coût global supporté par l'économie.
      Si vous choisissez une taxe carbone, vous fixez le prix de la tonne mais il vous sera très difficile d'anticiper le niveau d'émission qui en résultera. C'est un vrai casse-tête pour le régulateur : s'il fixe un prix trop faible, les émissions dépasseront le seuil acceptable, si le prix est trop élevé on sera en dessous du seuil mais des activités et des emplois seront détruits inutilement.
      Ajoutons que le régulateur peut aussi avoir d'autres considérations en tête que le niveau de prix optimal : la prochaine manifestation des routiers, le besoin de faire rentrer des recettes pour équilibrer le budget de l'Etat, sa réélection, etc. En bref, la taxe a peu de chance d'être fixée juste au bon niveau par contre elle est simple à mettre en oeuvre et lisible pour les acteurs économiques qui savent précisément combien ils devront payer et pourquoi.

      Si vous choisissez le marché, au contraire, vous fixez la quantité de gaz à effet de serre qui sera émise mais vous ne pouvez pas prévoir le prix de la tonne de carbone, celui-ci est fixé par l'offre et la demande. Il dépend donc des décisions des régulés, de la conjoncture économique ou même de la météo. En théorie, cela ne pose pas de problème : par la grâce de la main invisible le prix s'ajustera au niveau optimal, c'est-à-dire au coût marginal de la dernière réduction d'émission nécessaire pour atteindre le niveau fixé. Le système est donc très simple à gérer pour le régulateur et garantit que l'objectif d'émission sera atteint, en théorie avec un coût social optimal.
      Mais cette fois-ci, le casse-tête est du coté des régulés qui doivent décider de réduire leurs émissions ou d'acheter des crédits sans savoir combien cela leur coûtera. Le marché européen du carbone offre un bel exemple de cette imprévisibilité : depuis sa création il a connu plusieurs crash ce qui a mis en difficulté des entreprises qui, tablant sur un prix plus élevé, avaient investi dans l'amélioration de leur empreinte carbone...

      Ce tableau résume les principales caractéristiques des deux mécanismes :
      avantages et inconvénient de la taxe carbone et du marché d'émission pour réduire les gaz à effet de serre

      Notez au passage que, contrairement à une idée reçu, le système de marché des permis d'émissions n'est pas favorable aux entreprises : au contraire, il garantit le niveau d'émission en laissant les organisations régulées gérer les incertitudes.


      Qui est le gagnant ?


      Vous pouvez sans doute vous faire votre propre opinion...

      En ce qui me concerne, je crois que le marché aurait peut-être été une bonne méthode il y a 20 ans, lorsqu'on avait le temps d'organiser une décroissance lente des émissions, mais que ce n'est plus le cas aujourd'hui. Il nous faut un système qui soit fort et lisible afin d'inciter ceux qui le peuvent à réduire rapidement leurs émissions... et de pousser ceux qui ne peuvent pas à la faillite. C'est donc la taxe qui a ma préférence.

      Mais cette solution pose aussi des problèmes : 
      • Comment gérer les conséquences sociales ? Un prix du carbone, quel que soit la méthode utilisée, vise à modifier la structure de la consommation pour aller vers des produits moins émetteurs en gaz à effet de serre. Les compagnies aériennes, les éleveurs ou les fabricants de voiture, pour ne citer que quelques secteurs présents dans l'actualité, verront nécessairement leurs activités baisser. Et les utilisateurs de leurs produits, qui pour certains n'ont pas de substitution à court-terme, seront sanctionnés.
      • Comment organiser la coexistence des deux systèmes dans les endroits où un marché existe déjà ? Il n'est en effet pas question de démanteler un mécanisme qui fonctionne au risque de perdre à nouveau plusieurs années...
      • Comment éviter les fuites de carbone sans dispenser les secteurs exposés à la concurrence internationale ? La solution idéale serait une mise en place coordonnée dans les principaux pays émetteurs (au moins États-Unis, UE, Inde et Chine). A défaut reste l'idée d'une taxe carbone au frontière mais sa faisabilité pratique et juridique est douteuse.
        On l'a un peu oublié, mais il y a eu au début des années 90 plusieurs projets de taxes carbone aux Etats-Unis et en Europe, ils ont tous échoué faute d'avoir répondu à ces questions...

        Publié le 13 octobre 2015 par Thibault Laconde 


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