L'actualité est pleine de rebondissements : le 5 novembre 2015, le procureur de New York ouvrait une enquête à l'encontre d'ExxonMobil, la plus grande compagnie pétrolière cotée de la planète. Pourquoi donc ? Parce que des documents ont montré que les chercheurs employés par Exxon avaient averti l'entreprise dès 1977 des effets néfastes de la combustion d'hydrocarbures sur le climat. Ainsi informée, elle a dépensé des millions de dollars pour retarder la prise de conscience des consommateurs et des pouvoir publics. Jusque là rien d'anormal. Mais si, par malheur, Exxon a aussi menti à ses investisseurs cela devient une fraude financière, péché mortel dans la ville de Wall Street.
Le pétrolier savait donc depuis les années 80 qu'il détraquait le climat ! Le lecteur ne s'était pas plus tôt remis de cette révélation que l'American Association for the Advancement of Science, la plus grande société scientifique au monde, célébrait l'anniversaire d'un rapport mettant en garde contre la changement climatique et remis au président Johnson le 5 novembre... 1965.
1977 ? 1965 ? On s'y perd... Depuis quand sait-on vraiment que nos émissions de gaz à effet de serre dérèglent le climat ?
L'effet de serre, c'est tellement XIXe siècle...
En fait, l'histoire commence bien avant en 1824. A l'époque le bon roi Louis XVIII vient de mourir dans son lit et Charles X lui succède, Victor Hugo est un jeune romancier médiocre et, à l'École Polytechnique, Joseph Fourier est bien embêté...
Fourier est un immense mathématicien et physicien français du début du XIXe siècle, on lui doit notamment des travaux sur la chaleur et les transferts d'énergie. Or justement, il calcule que, compte-tenu du rayonnement qu'elle reçoit du soleil, la terre devrait être beaucoup plus froide. Afin d'expliquer ce décalage, il propose une théorie. Selon ses propres mots : "La température peut être augmentée par l’interposition de l’atmosphère, parce que la chaleur trouve moins d’obstacle pour pénétrer l’air, étant à l’état de lumière, qu’elle n’en trouve pour repasser dans l’air lorsqu’elle est convertie en chaleur obscure."
Remplacez "chaleur obscure" par l'appellation moderne "rayonnement infrarouge", et voici publié dans un article de 1824, la première description de l'effet de serre qui nous est si familier aujourd'hui. Un autre français, Claude Pouillet, développe en 1838 l'idée de Fourier. Il fait notamment l'hypothèse que seuls certains gaz, dont la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, sont capables d'intercepter le rayonnement infrarouge.
Le dioxyde de carbone est un gaz à effet de serre et la combustion de charbon qui s'est accéléré depuis le début de la Révolution Industrielle en rejette de grandes quantités... A ce stade, il ne reste plus qu'à relier les points. C'est fait dès le milieu du siècle. En 1855, comme beaucoup de ses contemporains, Eugène Huzar s'inquiète des "changements climatériques" dans un essai à succès titré La fin du monde par la science. Il y note : "Vous pouvez prédire que dans cent ou deux cents ans le monde, étant sillonné de chemins de fer, de bateaux à vapeur, étant couvert d’usines, de fabriques, dégagera des billions de mètres cubes d’acide carbonique et d’oxyde de carbone, et comme les forêts auront été détruites, ces centaines de billions d’acide carbonique et d’oxyde de carbone pourront bien troubler un peu l’harmonie du monde." Plutôt bien vu, non ?
A l'époque, il ne s'agit encore que de théories et d'hypothèses. Mais plus pour très longtemps : en 1859, le physicien Irlandais John Tyndall construit un des premiers spectromètres et confirme expérimentalement que la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone ont bien la propriété prévue par Fourrier et Pouillet d'intercepter une partie du rayonnement infrarouge. Il en profite pour allonger la liste des gaz à effet de serre en mesurant, outre la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, les coefficients d'absorption du méthane et de l'ozone.
La question qui se pose à partir de cette date n'est déjà plus celle de l'existence de l'effet de serre mais de la sensibilité climatique. En d'autres termes : les émissions humaines de ces gaz sont-elle suffisantes pour modifier significativement le climat ? En 1896, le chimiste suédois (et un des premiers Prix Nobel) Svante Arrhenius donne la première réponse à cette question : il calcule que le doublement de la concentration en dioxyde de carbone entrainera une hausse de 4°C de la température moyenne. Ce résultat est remarquablement proche de ceux que nous obtenons aujourd'hui avec des modèles bien plus élaborés
Pourquoi n'a-t-on rien fait avant ?
Toutes les bases physiques pour prévoir que les activités humaines vont réchauffer la planète sont donc en place dès la fin du XIXe siècle. Et ces travaux ne sont pas confinés dans quelques laboratoires : les calculs d'Arrhenius sont largement publiés et discutés dans les revues scientifiques de l'époque (par exemple ici en 1901 par un autre éminent savant suédois Knut Angstrom) et dès le début du siècle on trouve l'information dans des journaux destinés au grand public :
Article publié dans Popular Mechanics en mars 1912 (version complète ici)
Alors pourquoi ne s'inquiète-t-on pas plus à l'époque ? C'est que, même si il est possible de prévoir l'élévation de la température moyenne et les grandes caractéristiques du changement climatique à venir (réchauffement plus rapide aux pôles, augmentation des précipitations...), il est encore difficile au début du XXe siècle d'en saisir la portée catastrophique.
Pour cela il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre Mondiale et le développement des systèmes d'observation météorologiques (stations, radars puis satellites), les progrès de la paléoclimatologie et surtout les premiers ordinateurs. En effet les simulations climatiques nécessitent une puissance de calcul telle qu'elles étaient hors de portée avant l'apparition de l'informatique. Les progrès reprennent donc dans les années 50 après presque un demi-siècle de pause. C'est à cette époque que sont mis au point les premiers modèles de circulation générale à l'Université de Princeton. Et en 1957, Charles Keeling installe à Mauna Loa (Hawai) le premier observatoire capable de mesurer le taux de dioxyde de carbone dans l'atmosphère. La "courbe de Keeling" enregistre depuis, avec une régularité de métronome, la hausse de la concentration en CO2 dans l'air.
Dans les années 70 et 80, le climat devient un réel sujet de préoccupation et plusieurs rapports sont demandés à l'Académie des Sciences américaine. Ils convergents vers une augmentation de la température de 2 à 3°C en 2050 avec la possibilité d'une hausse beaucoup plus forte. C'est par exemple le cas du Rapport Charney remis en 1979. A la même époque, l'Organisation Météorologique Mondiale organise une série de conférences sur le climat qui préfigurent le GIEC. Elle le cofondera en 1988 avec le Programme des Nations-Unies pour l'Environnement.
Extrait de la résolution 43/53 de l'AGNU
La même année, l'Assemblée Générale des Nations-Unies déclare que le climat est une "préoccupation commune de l'humanité" (Résolution 43/53). A ce moment, la question du changement climatique anthropique sort du domaine scientifique pour entrer de plain pied dans le champ politique et diplomatique.
En conclusion ?
Alors depuis quand sait-on ? Depuis les premières prévisions d'Arrhenius ? Depuis les rapports alarmistes qui se sont multipliés à partir des années 60 ? Depuis que la communauté internationale a reconnue l'importance du sujet ? Depuis que les économistes s'en sont emparés, notamment que William Nordhaus a identifié le changement climatique comme le seul problème environnemental capable de déstabiliser l'économie mondiale ?
En fait, le sujet n'est pas là. La vraie question, c'est quel niveau de précision et de certitude nous faut-il pour passer à l'action ? Peut-on même accepter collectivement la réalité d'un phénomène qui remet à ce point en cause notre vision du monde ? Publié le 6 novembre 2015 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 2 novembre 2016
A quoi ressemblera la fin des énergies fossiles ? Schématiquement, deux camps s'affrontent sur cette question. A ma gauche : les tenants du "pic" qui pensent que cette fin viendra de l'épuisement de la ressource. A ma droite : les optimistes qui croient que la baisse de la demande, permise par une plus grande sobriété ou le déploiement de nouvelles technologies, sera le facteur dominant.
Je ne me suis jamais retrouvé complètement dans cette alternative. En particulier parce que je ne crois pas, comme le suggèrent ces deux scénarios, que la fin des énergies fossiles sera progressive. La production, la transformation et le transport d'énergie jouent un rôle trop central dans nos sociétés - tout en dépendant eux-même du bon fonctionnement de l'économie pour obtenir, par exemple, le travail et le capital dont ils ont besoin - pour qu'il n'existe pas quelque part quelques rétroactions capables de transformer une déstabilisation à priori bénigne en effondrement. Il ne s'agit guère plus que d'un pressentiment mais je crois que la fin des énergies fossiles pourrait être une crise brutale, l'affaire de quelques années peut-être, qui nous laisserait avec des stocks encore importants mais inexploitables et sans solutions de remplacement.
Pourquoi je vous parle de ça maintenant ? En dehors du fait que ça fait très longtemps que j'ai envie d'écrire à ce sujet, parce que l'actualité nous montre des situations qui pourraient être des prototypes à l'échelle locale de cette crise énergétique.
Venezuela : "crise de liquidité" énergétique
Le premier cas dont je voudrais parler est le Venezuela : le pays produit chaque jour de l'ordre de 2.5 millions de baril de pétrole mais de nombreux analystes prédisent une baisse (voire un effondrement total) dans les mois qui viennent. Pourquoi ? Faites votre choix : instabilité politique, sous-investissement... Mais une des menace sur la production vénézuélienne de pétrole me parait particulièrement intéressante. Le Venezuela connaît depuis le début de l'année de grave pénurie d'électricité. Ce n'est pas un hasard : le pays dépend à 70% de sa production hydroélectrique et El-Nino entraine régulièrement une baisse des précipitation sur la moitié nord du continent sud-américain. Le dernier épisode ayant été particulièrement intense, un peu partout les barrages sont vides. C'est notamment le cas du barrage de Guri qui en temps normal produit un tiers de l'électricité vénézuélienne. Or il faut de l'électricité pour produire du pétrole... faute de précipitations, la production pourrait baisser rapidement de 100 à 200.000 barils par jour.
"Plus d'électricité donc plus de pétrole : le Venezuela connait actuellement une "crise de liquidité" énergétique."
En effet, on l'oublie souvent mais il faut de l'énergie pour produire de l'énergie, il en faut même de plus en plus. Et à ce jeu là toutes les énergies ne se valent pas : généralement, il faut investir une énergie secondaire (c'est-à-dire qui ne se trouve pas dans la nature comme l'électricité ou les carburants raffinés) pour obtenir une énergie primaire (pétrole brut, charbon...) qui elle-même sera transformée pour produire des énergies plus facilement utilisable et de meilleure qualité. Cette boucle est un facteur de vulnérabilité important : si vous n'avez plus d'énergie facilement utilisable, vous perdez votre capacité à produire et transformer des énergies primaires quelques soient les réserves dont vous disposez. Vous pouvez ainsi, comme le Venezuela, vous retrouver dans le noir alors que vous avez sous les pieds une mer de pétrole... C'est un peu l'équivalent pour l'énergie d'une crise de liquidité dans le secteur financier : vous faites faillite pas parce que vous n'avez plus d'argent mais parce que votre argent n'est pas disponible au moment où vous en avez besoin.
Fort McMurray, un effet d'hystérésis ?
Peut-être vous dites-vous qu'une telle situation ne peut être que temporaire : passée la crise, la production va reprendre et revenir à son niveau précédent. Je n'en suis pas si sur. Un autre événement récent pourrait bientôt illustrer ces doutes.
Vous en avez certainement entendu parler : un immense incendie a ravagé les environs de de Fort McMurray dans la province de l'Alberta au Canada. Fort McMurray est la "capitale" des sables bitumineux : sur quelques kilomètres carrés au nord de la ville sont produits chaque jour 2.4 millions de barils de pétrole, soit 2.5% de production mondiale. L'incendie a forcé près de 100.000 personnes à évacuer, ce qui a entraîné l'interruption partielle de la production d'hydrocarbures même si les installations sont largement indemnes. La production a été amputée d'environ un million de barils par jour. Comme l'exploitation des sables bitumineux nécessite beaucoup de chaleur et que celle-ci est utilisée en cogénération, la production d'électricité est aussi affectée, environ 500MW manquent à la région. Très vite, les autorités et les compagnies pétrolières se sont montrées rassurantes : on redémarera bientôt la production - c'est l'affaire de quelques jours, on reconstruira les maisons, et tout redeviendra comme avant... En réalité le redémarrage des installations a été régulièrement repoussé depuis et il n'est pas du tout évident que la région puisse se remettre du désastre : l'exploitation des sables bitumineux s'est développé grâce au prix élevé du pétrole. On peut reconstruire des maisons mais pas recréer les conditions de ce boom. L'activité était déjà en difficulté avant les incendies : 40.000 personnes ont été licenciées et n'ont aucune raison de regarder en arrière. Et parmi ceux qui ont encore un travail mais qui ont tout perdu, combien reviendront ?
"On peut reconstruire Fort McMurray mais pas recréer les conditions qui ont permis l'essor des sables bitumineux."
Il faudra attendre plusieurs mois pour savoir définitivement ce qu'il en est. Mais cet exemple montre que la production d'énergie peut être soumise à des effets d'hystérésis : elle a besoin de conditions particulières pour se développer, elle peut ensuite perdurer même si ces conditions ont cessé d'exister mais si elle est interrompue, rien ne garantit qu'elle redémarrera.
Nigeria : effet papillon et cercle vicieux
Les cas canadiens et vénézuélien présentent plusieurs similitudes : la production est interrompue par un événement extérieur indépendant mais relativement proche et dans les deux cas cet événement est lié à une situation climatique exceptionnelle - il est intéressant de noter que le changement climatique crée un environnement favorable à ce type de disruption. Mais d'autres chaînes de causalité peuvent exister.
C'est ce qui se passe en ce moment au Nigeria. Le pays connaît une grave crise économique. Le Nigeria était l'année dernière le premier producteur du continent avec 2.5 millions de barils par jours qui fournissaient 70% des ressources publiques, il a beaucoup souffert de la baisse des cours, aggravée par des manipulations hasardeuses de la monnaie nationale. Cette crise a vidé les caisses de l’État, l'obligeant notamment à baisser de 70% les fonds qu'il versait aux anciens rebelles du Delta du Niger depuis l’amnistie de 2009. Que croyez-vous qu'il arriva ? Les attaques contre les infrastructures pétrolières qui avaient cessé depuis cette date ont repris. Un pipeline sous-marin appartenant à Royal Dutch Shell a été saboté en février amputant la production de 250.000 barils par jour, une plateforme off-shore de Chevron a été attaquée début mai (35.000b/j en moins) et Shell s'est résolu a évacuer ses salariés le 9 mai. La production de pétrole nigériane serait tombée à 1.7 millions de barils par jour, voire à 1.4 selon le ministre nigérian du pétrole, en tous cas son niveau le plus bas depuis des décennies. Au-delà des pertes immédiates, ces attaques peuvent faire basculer le pays dans un cercle vicieux : la baisse de la production de pétrole rend plus difficile le redémarrage de l'économie et donc la stabilisation du Delta du Niger, insécurité qui à son tour nuit à la production et aux investissements, etc.
En guise de conclusion...
Avoir des champs de pétrole ou des veines de charbon ne suffit pas à produire de l'énergie. Il faut aussi que les facteurs de productions (capital, travail, énergie, matières premières...) soient disponibles et que les conditions (économiques, politiques, sécuritaires...) soient favorables. Or ces pré-requis dépendent aussi plus ou moins directement de la disponibilité de l'énergie. Cette mécanique complexe peut être déréglée par une mauvaise gestion ou un événement extérieur. Localement, cela arrive déjà de temps à autres et arrivera de plus en plus avec le réchauffement climatique.
"Une ressource ne suffit pas pour produire de l'énergie : il faut des capitaux, du travail, de l'énergie disponible…"
Aussi longtemps qu'ils restent locaux, ces épisodes, même s'ils sont dévastateurs pour les sociétés concernées, peuvent être compensés par la production d'autres zones et les flux commerciaux. Mais une telle crise pourrait-elle se produire à l'échelle globale ? Peut-être. Il est peu probable qu'un événement unique en soit la cause, mais pourquoi pas une conjonction de crises locales aggravée par un ralentissement des échanges qui ne permettraient plus aux zones affectées de récupérer assez vite ?
Publié le 19 mai 2016 par Thibault Laconde
Illustration : By DarrenRD (Own work) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons
La 21e conférence de l'ONU sur le climat (alias COP21) s'ouvre dans quelques jours, le 30 novembre, à Paris. Les enjeux sont énormes : 194 pays doivent se mettre d'accord sur un nouvel accord permettant de limiter les émissions de gaz à effet de serre et d'aider les pays pauvres à s'adapter au changement climatique. Même si cette conférence s'adressent avant tout aux négociateurs des différents pays, des dizaines de milliers de personnes, du lobbyiste au chef indigène, vont faire le déplacement pour défendre leurs propres visions de l'avenir de la planète.
Mais vous êtes vous déjà demandé qui sont ces gens ? Quel est le profil-type du participant à une conférence internationale sur le climat ?
> Pour savoir quelles seront les conséquences de la COP21 pour les entreprises, vous pouvez desormais télécharger mon rapport sur les implications technologiques et économiques de l'Accord de Paris
Entre le 3 et le 13 décembre, j'ai publié tous les matins à 9h un point des négociations sur le climat et un bref résumé des événements de la veille à la COP21. En voici la version intégrale avec juste quelques modifications destinées à éviter les répétitions...
Pour plus de détails sur le Conférence de Paris, vous pouvez également consulter :
Le dossier spécial COP21
Mon analyse détaillée de l'Accord de Paris
Jeudi 3 décembre
La première semaine de la conférence est déjà à moitié derrière nous. Après l'agitation de premiers jours, ponctués de discours et d'annonces, on glisse doucement dans les pourparlers. Ces discussions complexes (et souvent derrière des portes closes) sont frustrantes pour tout le monde, sauf les diplomates qui semblent aimer ça. Pour un observateur distrait, elles peuvent même donner l'impression qu'il ne se passe plus grand chose et que la conférence s'enfonce dans l'anecdotique. Nous sommes au contraire dans une phase décisive où il faut bâtir sur l'impulsion des premiers jours et effacer le maximum de points de blocage, un travail de fourmi qui conditionne ce qui va se passer la semaine prochaine.
Un projet de texte doit être remis à la présidence de la COP21 samedi 5 décembre, à midi. Pour que les ministres puissent travailler efficacement la semaine prochaine, il faudrait que le maximum de désaccords aient été éliminés d'ici-là. Compte-tenu du rythme actuel des négociations, il existe un risque que le texte de samedi soit encore trop inabouti... Mais il reste deux jours de travail : de nouveaux brouillons devraient être publiés ce soir et demain soir.
Ce qui reste en débat :
Le mécanisme de revoyure semble en bonne voie. Les engagements pris pendant la conférence de Paris ne suffiront sans doute pas de limiter le réchauffement de la planète à 2°C comme le souhaite la communauté internationale. Il faut donc prévoir les futures réunions qui permettront de prendre des engagements plus ambitieux. On s'oriente vers une révision tous les 5 ans à partir de 2020, les pays en développement souhaitent que les financements soient revus en même temps.
Quel objectif la communauté internationale va-t-elle se fixer à long-terme ? Cette question fait l'objet d'une querelle de wording : "Zéro émission" ? "Décarbonation de l'économie" ? "Neutralité climatique" ? Les discussions évoluent vers cette dernière (et très vague) formulation.
Dans les limbes : l'objectif de 1.5°C et les "pertes et dommages". Il s'agit de deux points qui tiennent particulièrement à coeur des pays les plus vulnérables : d'une part mentionner dans l'accord l'objectif de limiter la hausse de la température moyenne à 1.5°C entre le début de l'ère industrielle et la fin du XXIe siècle (même si cet objectif semble largement hors de portée), de l'autre obtenir une compensation pour les dommages subis à cause d'émissions de gaz à effet de serre dont ils ne sont pas responsables.
Ce qui semble acquis :
L'impulsion de début de conférence qui valide la stratégie adoptée par la France d'inviter les chefs d'Etat et de gouvernement le premier jour plutôt qu'à la fin.
Vendredi 4 décembre
Nous sommes déjà vendredi, les négociateurs sont au travail depuis presque une semaine... Hier, on pouvait croire que les discussions étaient en train de s'engourdir mais voilà le première montée d'adrénaline de cette COP : un projet de texte doit être remis demain à midi à la présidence. S'il reste en l'état, long et indécis (le dernier brouillon comptait 50 pages et 1412 crochets !), les ministres qui arrivent la semaine prochaine risquent de s'enliser dans d'interminables querelles... et on voit déjà le spectre de Copenhague pointer le bout de son nez. Si, au contraire, les négociateurs parviennent à un texte simplifié dans les prochaines 24 heures, alors l'accord historique qu'on nous a promis sera en vue.
Une nouvelle organisation a été mise en place hier avec moins de "spin-off group", les groupes travaillant en parallèle sur des questions précises. Il faudra encore attendre un peu pour savoir si elle est efficace : le prochain brouillon du texte est attendu dans la matinée, il sera être accompagné d'une proposition de consensus proposé par les co-présidents et les facilitateurs. Le même processus se répétera aujourd'hui : spin-off groups dans la journée puis synthèse dans la soirée et la nuit, pour aboutir avant la date limite de samedi.
Samedi 5 décembre
Hier, je vous promettais la première montée d'adrénaline de cette COP... Après les discours de lundi et l'enthousiasme exceptionnel des premiers jours, les discussions s'étaient tendues en milieu de semaine. On craignait déjà l'enlisement quand le premier coup de théâtre de la conférence a eu lieu. Et il est positif : d'un seul coup, la moitié des incertitudes ont été éliminées du projet d'accord ! Dans quelques heures, la première semaine de négociation se refermera par la remise du texte à la présidence. On pourra sans doute la considérer comme un succès. Peut-être est-ce trop tôt, mais j'ai aussi l'impression que cette COP ne ressemblera à aucune de celles qui ont précédé. Touchons du bois...
Hier matin, deux nouveaux textes ont été publiés : celui issu des négociations de la veille, dans lequel il y avait un peu moins de pages qu'avant (46 contre 50) mais toujours autant de passages entre crochets (1400), et une proposition de compromis mise au point par les co-présidents avec "seulement" 38 pages et 750 crochets. Dans l'après-midi, à l'initiative du G77+Chine, ce deuxième texte a été accepté comme base de discussion. Belle accélération : En 24h, la moitié des incertitudes ont ainsi été éliminées ! Ce coup de théatre oblige aussi les réfractaires à sortir du bois. Sans surprise, il s'agit des pays pétroliers, en particulier de l'Arabie Saoudite et du Vénézuela, qui tentent de plus en plus ouvertement de réduire l'ambition de l'accord et de ralentir les négociations.
Les travaux se sont poursuivis cette nuit et un nouveau projet doit être remis à la présidence aujourd'hui à midi.
Dimanche 6 décembre
Si nous récapitulions cette première semaine ?
Un début en fanfare : plus de 150 chefs d'Etat qui appellent à l'action, avec aussi quelques annonces intéressantes.
Un coup de théatre : en milieu de semaine, les négociations se tendente et les progrès sont très lent. Mais vendredi, les pays perviennent à s'entendre sur une proposition de compromis qui marque une brusque accélération.
Un objectif relativement atteint : le projet d'accord bien abouti a été remis dans les temps.
Maintenant, ce sont les ministres qui vont entrer en scène. A eux de réduire les derniers points problématiques...
L'objectif est désormais de parvenir à un texte définitif pour jeudi 10 au matin, ce qui laissera environ 36h pour les traductions et les vérifications juridiques. L'adoption devrait avoir lieu vendredi 11 au soir. Ensuite, le texte devra être ratifié par chaque signataire selon la procédure en prévue par son droit national. L'accord de Paris devrait entrer en vigueur en 2020.
Ce qui coince encore :
La différenciation s'annonce comme un point dur de la seconde semaine. Ce principe, inscrit dans la Convention Climat de 1992, veut que certains pays listés dans l'Annexe I (Europe, Amérique du Nord, Japon, Australie... ) aient une responsabilité historique et portent l'essentiel des efforts. Aujourd'hui, les participants se divisent entre ceux qui en défendent une interprétation stricte du texte de 92 et ceux qui veulent assouplir ce principe pour l'adapter aux évolutions du monde depuis 20 ans. (rappelons qu'aujourd'hui un Chinois moyen émet plus de gaz à effet de serre plus qu'un Français et que le salaire minimum en Chine est supérieur à celui de certains pays européens).
Les questions financières, très liées au point précédent, restent aussi largement en suspens. En particulier les pertes et dommages, c'est-à-dire les compensations réclamées par certains pays qui souffrent d'un phénomène dont ils ne sont pas responsables.
L'objectif de long-terme ("Zéro émission" ? "Décarbonation de l'économie" ? "Neutralité climatique" ?) reste en débat. La mention de l'objectif de l'objectif de 1.5°C, réclamé par les pays les plus vulnérables même si il n'est plus atteignable, pose également problème.
Ce qui semble acquis à ce stade :
La révision tous les 5 ans des engagements d'émissions est en bonne voie. Ce point est capital : les engagements pris pendant la conférence de Paris ne suffiront sans doute pas de limiter le réchauffement de la planète à 2°C comme le souhaite la communauté internationale, il faut donc d'ores-et-déjà prévoir les futures réunions qui permettront de prendre des engagements plus ambitieux. Par contre, les détails restent à régler : quand aura lieu la première révision ? Les objectifs financiers seront-ils revus en même temps que les objectifs d'émission ?
L'impulsion de début de conférence qui valide la stratégie adoptée par la France d'inviter les chefs d'Etat et de gouvernement le premier jour plutôt qu'à la fin.
Lundi 7 décembre
Dans sa bulle extraterritoriale du Bourget, très loin de l'agitation politicienne du premier tour des régionales, la COP21 continue... Elle entre dans son "segment de haut niveau", la seconde semaine pendant laquelle les négociateurs sont rejoints par leurs ministres. Lors des COP précédentes, cette phase a rarement conduit à des progrès sur le fond : apparemment, les politiques préfèrent débattre sur la forme et s'aligner sur le plus petit dénominateur commun pour le reste... A leur décharge, lors des COP précédentes, les ministres trouvaient généralement des négociations déjà bien embourbées avec des textes qui faisaient souvent plus de 150 pages. Est-ce que les choses peuvent se passer différemment à Paris après une bonne première semaine et avec un projet d'accord qui ne fait qu'une vingtaine de pages ?
Mardi 8 décembre
Aujourd'hui, c'est le jour des hasards de calendrier. D'abord le 8 décembre est la journée mondiale du climat, ce qui tombe plutôt a propos. Ensuite Ecofin, le conseil des ministres des finances de l'Union Européenne, se tient à Bruxelles... Précisément au moment où les négociations climatiques achoppent sur la question des financements. Une annonce des ministres européens pourrait aider à débloquer la situation : la taxe sur les transactions financières, dont la France veut faire une des sources de financement du Fond Vert pour le Climat, est justement au sujet de cette réunion.
On reproche souvent aux négociations sur le climat d'être trop isolées des autres discussions internationales. Pour une fois, le calendrier est favorable, reste à voir si les européens saisiront cette occasion de joindre les actes à la parole.
Les ministres ont eu, hier matin, l'occasion de s'exprimer comme l'avaient fait les chefs d'Etat la semaine dernière. Ensuite, une nouvelle organisation s'est mise en place avec des consultations sur quatres sujets précis : les moyens (financements, transferts de technologie...), la différenciation, les ambitions (notamment l'objectif de long-terme et le mécanisme de revoyure) et les actions pré-2020. Chacune de ces discussions est animée par un binome de ministres (un du Nord, un du Sud). Ils ont présenté leurs premiers rapports hier soir au "Comité de Paris", un groupe informel dont la tâche est de préparer le texte final. Cette première réunion a abouti... au lancement de plus de consultations (sur le préambule, l'adaptation, les forêts...).
Mercredi 9 décembre
Il reste désormais à peine plus de 24h pour trouver accord. Les minutes sont comptées, et pourtant tout semble aller si lentement ! Pendant cette deuxième semaine, les discussions se font aussi plus discrètes. Si peu d'informations filtrent qu'on ne sait plus très bien si une crise couve en coulisse ou si au contraire un compromis est sur le point d'être trouvé... Dans l'incertitude, beaucoup d'observateurs commencent à craindre un accord sans envergure - et il faut bien reconnaitre que l'expérience des 20 COP précédentes n'incite pas l'optimisme. Nous approchons du paroxysme de cette conférence. Et on se sent partagé entre l'envie de conclure et la crainte de voir apparaître un texte minimal. Encore quelques heures de suspense.
Les "facilitateurs" chargés des consultations sur les sujets qui restent en débat ont fait leur rapport au Comité de Paris hier en fin d'après-midi. Et nombre d'entre-eux semblent piétiner, c'est notamment le cas pour les pertes et dommages et la différentiation. La présidence de la COP a cependant annoncé un nouveau texte pour aujourd'hui 13h (on imagine qu'ils n'ont pas beaucoup dormi cette nuit) et une réunion du Comité de Paris à 17h. L'objectif est toujours de parvenir à un texte définitif demain pour une adoption vendredi soir au plus tard.
Jeudi 10 décembre
"Votre texte est équilibré, la preuve : personne n'est content." Le délégué malais a parfaitement résumé la journée (et surtout la soirée) d'hier. Un nouveau texte a été présenté dans l'après-midi, il a été accepté comme base de négociation mais... En fait le texte d'hier parvient à faire consensus en laissant ouvertes des options radicalement opposées. Résultat : l'accord reste encore très indécis, il peut être à la hauteur si les options ambitieuses sont choisies mais tout peut aussi s'effondrer dans les prochaines heures...
Normalement, le texte définitif de l'accord de Paris devrait être publié aujourd'hui. Sauf coup de théatre, ce ne sera pas le cas. Par conséquent, l'adoption formelle du texte, qui était prévue pour demain soir, risque aussi d'être retardée. Un nouveau brouillon a été publié aujourd'hui, la version précédente datait déjà de samedi... une éternité. On ne peut pas nier que des progrès ont été faits. L'accord lui-même (hors décisions et annexes) est passé de 20 à 14 pages avec 200 passages entre crochets contre près de 500 dans la version précédente. Mais lorsqu'on regarde en détail, le texte reste très ouvert : sur les points cruciaux des options volontaristes cohabitent encore avec d'autres sans envergure.
Vendredi 11 décembre
Ambiance gueule de bois ce matin... Hier dans la soirée un nouveau projet de texte a été publié. Le nombre d'options avait été radicalement réduit (il ne restait plus qu'une quarantaine de passages entre crochets) tout en préservant l'essentiel de l'ambition... Un accord satisfaisant semblait réellement à portée de main aujourd'hui. Mais au lieu de régler les derniers détails, les consultations de la nuit ont réouverts des points qui semblaient acquis. Plusieurs pays ont donné l'impression de rehausser leurs exigences. La nuit a été longue et difficile mais je crois que rien d'irréversible n'a été commis. Un accord reste possible, au plus tôt samedi.
La réunion du Comité de Paris, mercredi soir, a donné à une longue série de prises de parole (une cinquantaine de pays pendant près de 3h). Les discussions se sont poursuivies sur un format réduit (ou Indaba) pendant la nuit de mercredi à jeudi. Elles ont abouti à un nouveau projet d'accord, présenté hier soir à 21h. Ce texte semblait pratiquement finalisé avec seulement 48 passages entre crochets (contre ~400 avant-hier) et 18 options (contre 83 dans la précédente version). Malgré l'effort de synthèse, les points essentiels du projet avait été préservés.
En particulier, ce qui semblait acquis dans le texte d'hier :
Un objectif "bien en dessous de 2°C" avec une mention du seuil de 1.5°C : depuis la conférence de Copenhague, l'objectif officiel de la communauté internationale est de limiter la hausse de la température moyenne à 2°C entre le début de l'ère industrielle et la fin du XXIe siècle. Mais les pays les plus vulnérables réclament une limite plus basse à 1.5°C, la formulation retenue est entre les deux et évite sagement de fixer un objectif de température irréaliste.
Un objectif de long-terme relativement ambitieux : Pic des émissions dès que possible suivie d'une réduction rapide pour arriver à la "neutralité des émissions de gaz à effet de serre" dans la seconde moitié du XXIe siècle.
La révision des engagements tous les 5 ans à partir de 2023. Ce point est capital : les engagements pris pendant la conférence de Paris ne suffiront sans doute pas à limiter le réchauffement de la planète à 2°C comme le souhaite la communauté internationale, il faut donc d'ores-et-déjà prévoir les futures réunions qui permettront de prendre des engagements plus ambitieux. Certaines parties (dont l'Union Européenne) souhaitaient une première révision plus tôt.
Cinq points importants restaient en suspens :
Le mécanisme de flexibilité de l'article 3ter : cet article pourrait créer un système de marché des permis d'émissions comparable à celui qui existait dans le protocole de Kyoto. Les propositions qui restent sur le table comprennent un mécanisme portant uniquement sur les émissions de gaz à effet de serre ou un système plus large, réservés ou non aux pays en développement...
Les pertes et dommages, c'est-à-dire les compensations demandées par les pays en développement qui souffrent du changement climatique aux pays industrialisés (art. 5). Trois grandes options restent ouvertes : une simple déclaration de principe, un nouveau mécanisme ou la continuation du mécanisme existant, crée lors de la COP19 de Varsovie.
Une guerre de wording fait rage sur les financements destinés aux pays en développement (art. 6) : doivent-ils être nouveaux, additionnels, adéquates, prévisibles, accessibles, durables et/ou renforcés ?
La définition de cas particuliers pour certains groupes de pays : les États insulaire, les pays les moins avancés et/ou les pays africains pourraient bénéficier d'un régime de faveur (obligations réduites, accès facilité aux financements...). Ces options se retrouvent dans de nombreux passages du projet d'accord (articles 3, 4, 6...), il s'agit d'une façon de contourner l'intransigeance des pays émergents sur la différentiation.
Les conditions d'entrée en vigueur de l'accord restent indécises (art. 18). Quelles proportion des émissions doivent représenter les pays qui ont ratifié l'accord pour qu'il entre en vigueur (55%, 70%...) ? Si ce seuil est atteint, l'accord pourra-t-il entrer en vigueur avant 2020 ? Le sujet n'est pas anecdotique : un seuil élevé donne un quasi droit de veto aux gros émetteurs... On se souvient que c'est ce qui avait retardé l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto jusqu'en 2005.
La présentation de ce texte a été suivie d'une nuit de consultation (de 23h30 à 5h30 !) au cours de laquelle beaucoup de points ont été remis en discussion. Ce matin, il est difficile de dire à quel point le texte d'hier va devoir être réécrit... La prochaine version sera présentée demain 9h. Ce sera normalement la dernière et elle sera proposée directement à l'adoption samedi. La COP21 peut s'écrouler à ce moment-là, avec comme cas le plus extrême une fin de la conférence sans accord si le texte présenté ne parvient pas à recueillir l'unanimité, mais une issue positive reste possible... Les discussions des prochaines 24h vont être décisives mais discrètes : nous ne saurons où nous en sommes que demain au réveil.
Samedi 12 décembre
Grosse fatigue... Le projet d'accord publié jeudi soir représentait un réel progrès : le nombre d'options avait été radicalement réduit (seulement une quarantaine de passages restaient entre crochets) tout en préservant l'essentiel de l'ambition, mais au lieu de régler les derniers détails, les consultations de la nuit ont taillé en pièces cette proposition. Les consultations ont continué en bilatéral toute la journée d'hier mais rien ou presque n'a filtré. C'est extrêmement frustrant : ce que nous vivons est, au moins, l'équivalent diplomatique d'une finale de coupe du monde. Et on nous fait attendre le score final, sans le son ni l'image...
De nombreuses discussions bilatérales ont eu lieu vendredi, elles auront sans doute été décisives mais nous n'en savons rien... Les quelques ministres aux traits tirés qui se sont aventurés à donner une conférence de presse sont restés énigmatiques. Nous ne saurons où nous en sommes que samedi à 11h30, lorsque le texte sera présenté au Comité de Paris. Le Comité de Paris n'étant qu'un groupe informel de consultation, il faudra ensuite une réunion de la COP (qui n'est pas encore annoncé à l'heure actuelle) pour l'adopter formellement. Dans le meillleur des cas, on peut espérer que la COP21 se terminera avec l'Accord de Paris dans l'après-midi.
Dimanche 13 décembre
C'est fait ! Le texte final de ce qui est désormais l'Accord de Paris a été publié peu après 13h30 samedi, il était en réalité très proche de la version précédente. Une dernière réunion du Comité de Paris a été programmée à 14h45, reculée à 18h30 pour ne commencer finalement que vers 20h15. Tout est allé extremement vite ensuite et l'Accord a été formellement adopté peu après 20h30.
Il reste évidemment beaucoup de travail... Pour analyser le texte final de l'Accord de Paris, pour le préciser et le rendre opérationnel lors des prochaines conférences sur le climat, pour le ratifier, et bien sur pour traduire en actes, en décisions politiques ou en choix industriels ce qui n'est encore qu'une série de promesses... Mais quelles promesses ! Le premier accord international sur le climat depuis presque 20 ans, sans doute le plus ambitieux jamais adopté ! Comme l'a dit la ministre sud-africaine de l'environnement hier soir : Aujourd'hui, prenons le temps de mesurer le chemin parcouru et de profiter de l'instant. Mais dès demain, il faudra se remettre en route...
Publié le 3 décembre 2015 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 13 décembre 2015
Avant de s'engager dans cette nouvelles années, il est l'heure de jeter un coup d'œil en arrière. En 2015, ce blog a accueilli très exactement 562.188 visites soit une progression de 75% par rapport à l'année précédente. Ce résultat est évidemment lié à la COP21 et à l'intérêt qu'elle a suscité pour les questions énergétiques et climatiques mais il reste assez incroyable... Et c'est donc vous, lecteurs, que je voulais commencer par remercier en particulier ceux qui prennent le temps de commenter ou de partager les articles : c'est grâce à votre fidélité et à votre engagement que, d'année en année, ce blog se développe !
Le TOP5 des articles de 2015
En 2015, j'ai publié 60 articles. C'est beaucoup plus que les années précédentes - là encore un effet de la COP21... Et sans surprise, on retrouve beaucoup de posts sur le Conférence de Paris parmi les plus lus.
N°1 : La COP21 au jour le jour
Pendant la Conférence de Paris, j'ai publié chaque jour un compte-rendu des négociations et un petit billet d'humeur. La compilation de ces posts arrivent en tête des articles les plus lus cette année. Lire l'article : Journal de la COP21
N°2 : Responsabilité sociale et environnementale des associations
Fin mai, la Croix Rouge Française s'est fait taper sur les doigts pour n'avoir pas respecté le droit du travail. Cet événement m'a inspiré un article assez éloigné des sujets que je traite habituellement, et pourtant... C'est l'invité surprise de ce classement. Lire l'article : L'Inspection du travail à la Croix Rouge, et après ? Plaidoyer pour une responsabilité sociétale des ONG.
N°3 : Le lexique du climat
A l'approche de la COP21, j'ai compilé un petit dictionnaire sur le jargon des négociations climatiques. Sans surprise, vous vous êtes rués dessus en décembre... Lire l'article : 70 mots et expressions pour comprendre le climat
N°4 : Réserves de pétrole et d'autres ressources non-renouvelables
En début d'année, les débats sur les stocks d'hydrocarbure restants m'ont poussé à m'intéresser aux chiffres (souvent contradictoires) qui y sont cités. Cet article apporte plus de critiques de leur interprétation simpliste que de réponse, ce qui ne l'a pas empêché d'avoir un beau succès. Lire l'article : Combien d'années de pétrole ? Et autres questions sur les stocks de ressources non-renouvelables.
N°5 : Suivre la production d'électricité en direct
Inspiré par les données erronées que les politiques s'envoient à la figure à chaque fois qu'ils parlent d'énergie, voici un recueil de sites permettant de suivre en direct la production d'électricité dans les principaux pays d'Europe. Lire l'article : Comment suivre en direct la production d'électricité des principaux pays européens
Le FLOP5 : 5 articles que vous avez ignoré mais que je vous invite à (re-)lire
Le succès ou l'échec d'un article est souvent une surprise, il arrive que quelques idées assemblées sur un coin de table connaissent un immense succès et parfois c'est l'inverse... Parmi ces articles qui auraient pu réussir mais qui ont plafonné sous les 1000 lectures, en voici 5 que je vous recommande.
N°1 : Violence climatique...
Loin du cliché de l'ours blanc sur sa banquise, le conflit syrien a montré que le changement climatique est une affaire de vie ou de mort, et parfois de guerre ou de paix. Dans cet article, j'ai détaillé quelques exemples en m'appuyant sur la littérature scientifique. Avec une infographie pour ceux qui n'aiment pas lire... Lire l'article : Chaos climatique : comment le réchauffement déstabilise déjà la planète.
N°2 : Histoire scientifique du climat
Le climat, et plus largement l'environnement, sont des sujet très transverses. On y trouve tour à tour les sciences dures, la sociologie, l'économie... Mais trop rarement l'histoire. Or ces sujets qui nous apparaissent comme des préoccupations immédiates ont généralement connus une longue gestation. Un coup d'œil en arrière est souvent éclairant. Lire l'article : Réchauffement climatique anthropique : depuis quand sait-on ce qui nous attend ?
N°3 : Prix du carbone : apprendre des erreurs du passé
Histoire encore... A l'approche de la COP21, le "prix du carbone" s'est imposé dans le débat comme un levier majeur pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais cette idée qui a semblé jaillir de nulle-part a elle aussi un histoire qu'il est indispensable de comprendre si on veut réellement la mettre en œuvre. Lire l'article : La taxe carbone, une idée neuve ?
N°4 : Solaire chinois
En début d'année, des statistiques chinoises ont suscité l'enthousiasme dans le petit monde du solaire européen. Mais la croissance de la production solaire photovoltaïque cache la vraie spécificité de la Chine : le choix du solaire thermique, secteur dans lequel elle exerce une domination écrasante. Une success story dont nous ferions bien de nous inspirer. Lire l'article : Pour le solaire, la Chine est un exemple. Mais pas celui que vous croyez.
N°5 : Analyse économique des ressources non-renouvelables
Imaginez que vous découvriez un gisement de pétrole ou un filon de cuivre au fond de votre jardin. Avez-vous intérêt à l'exploiter ou vaut-il mieux attendre qu'il prenne de la valeur ? Cette question simple en apparence est l'occasion de s'intéresser aux théories économiques des ressources naturelles. Lire l'article : Rente ricardienne et règle d'Hotelling : Comment un économiste classique voit les ressources naturelles ?