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Thursday, October 22, 2015

Climat les émissions de gaz à effet de serre des 10 plus gros pollueurs de la planète entre 1990 et 2030

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A la veille de la COP21, tous les pays participant à la Conférence de Paris ont été invités à remettre leurs propositions pour lutter contre le changement climatique. Malgré quelques réfractaires (notamment les pays exportateurs de pétrole), la grande majorité s'est acquitté de cette formalité dans les temps.
Ces documents (appelés INDC) contiennent les objectifs de chaque pays pour 2030. Avec un peu de patience, leur analyse permet de calculer les futures émissions de gaz à effet de serre et de dessiner la géopolitique du carbone pour les 20 ans à venir...

Dans cet article, je vous propose mes propres calculs pour les 10 plus gros émetteurs de la planète : Chine, États-Unis, Union Européenne à 27, Inde, Russie, Japon, Brésil Canada, Indonésie et Australie.
Comme d'habitude, l'ensemble des calculs et les hypothèses utilisées sont accessibles. Je vous recommande de les consulter si vous souhaitez réutiliser ces chiffres.

Pour un aperçu rapide, cette infographie présente l'évolution des émissions de gaz à effet de serre par habitants entre 1990 et 2030 :
Infographie : emissions de gaz à effet de serre par habitant pour les 10 plus gros pollueurs en 1990, 2010 et 2030 (d'après les INDC remises avant la COP21)


Évolution des émissions de gaz à effet de serre en valeur absolue


Commençons par les émissions totales de gaz à effet de serre. En 2030, les dix plus gros pollueurs de la planète devraient émettre un peu plus de 35 milliards de tonnes équivalent-CO2 contre 28GTeqCO2 en 2010.
La répartition est la suivante :
Emissions de gaz à effet de serre des 10 plus gros pollueurs de la planète, historique et projection à 2030

On voit qu'en 2030, le classement est très largement dominé par la Chine et l'Inde, responsables des 2/3 du total. Suivent de loin les États-Unis puis l'Union Européenne. L'Indonésie qui était dernière de ce top10 en 1990 atteint la 5e place. La Russie poursuit sa régression et est dépassée par le Japon. En bas de classement, on trouve le Brésil, le Canada et l'Australie.


Les émissions de CO2 par habitant


Mais les émissions totales ne sont pas un très bon indicateur : Comment comparer, par exemple, l'Australie et le Brésil alors que le second est dix fois plus peuplé ?
Pour se faire une idée plus exacte des efforts réalisés par chacun, il faut calculer les émissions par habitant. Et celles-ci racontent une autre histoire :
Emissions de CO2 par habitant passées et futures (prospective à 2030) dans les 10 pays les plus polluants du monde
L'Australie et le Canada qui étaient en queue de classement se retrouvent premier et deuxième, suivis des États-Unis. Malgré une baisse sensible de leurs émissions, la hiérarchie des pires pollueurs de la planète n'est pas modifié : ces trois pays sont déjà sur le podium aujourd'hui...
Arrive ensuite la Chine dont les émissions par habitant s'approchent de celle des États-Unis ! Les émissions indiennes aussi connaissent un bond spectaculaire : elles sont multipliée par 3 en 20 ans.

Dans le sens inverse, les européens polluent de moins en moins : avec des émissions par habitant pratiquement divisée par 2 entre 1990 et 2030, ils se trouvent en 2030 derrière l'Inde ou l'Indonésie.
Enfin, il faut saluer l'ambition brésilienne : compte-tenu de la croissance de sa population, il réalise un effort considérable. Si les objectifs définis dans son INDC sont tenus, ses émissions par habitant devraient avoir baissé de moitié en 2030 par rapport à 2010 !

Que signifient ces évolutions pour les négociations internationales sur le climat ? C'est l'objet d'un autre article que vous pouvez retrouver ici.


Publié le 5 octobre 2015 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 19 juillet 2016. 


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Sunday, June 15, 2014

Infographie Chaos climatique comment le réchauffement destabilise déjà la planète

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Perpétrées quelques jours avant l'ouverture de la COP21, les attentats du 13 novembre 2015 ont fait entrer en collision deux thèmes qui se rencontraient rarement : terrorisme et changement climatique. Il ne s'agit pas que d'une affaire d'agenda : comme de nombreux commentateurs l'ont souligné au lendemain des attaques, le changement climatique a joué un rôle dans la déstabilisation de la Syrie et in-fine la montée de Daesh.
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Wednesday, May 22, 2013

Fiche de lecture Comment les économistes réchauffent la planète dAntonin Pottier

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Au moment où on débat si âprement pour savoir si les économistes ont le droit de s'écarter de la doxa de leur discipline, voici un petit livre qui remet bien des idées en place. Non seulement il montre comment cette doxa nourrit le réchauffement climatique - un constat qui n'a rien de nouveau - mais il démonte les mécanismes qui rendent le discours économique si nocif.


Savoir économique et discours économique


Fiche de lecture : "Comment les économistes réchauffent la planète" d'Antonin Pottier
Dans Comment les économistes réchauffent la planète, Antonin Pottier nous explique que l'économie a deux faces. C'est à la fois une discipline universitaire appuyée sur des raisonnements mathématiques ou des expériences rigoureuses, ce qu'il appelle le "savoir économique", et une vision philosophique de l'homme et de la société, un "discours économique" qui ne s’inspire que vaguement de travaux scientifiques.

A titre d'exemple, lorsque le savoir économique affirme que le marché conduit toujours à une situation optimale, il entend marché au sens de Walras et optimum au sens de Pareto. On peut alors effectivement démontrer, comme l'ont fait Arrow et Debreu en 1954, que le marché est optimal mais ce résultat n'a que très peu de signification pratique tant les hypothèses sont restrictives et les modèles éloignés de la réalité. Il n'empêche que, sur la base de cette démonstration, le discours économique élève la perfection des marchés en vérité générale, incontournable pour comprendre le fonctionnement de la société ou prendre une décision politique.
Cette équivoque entre théorie et idéologie permet aux économistes de s'attribuer un rôle social considérable tout en pouvant s’abriter derrière leurs démonstrations formelles en cas de contestation.


Comment l'économie voit le changement climatique


Or si le savoir économique peut donner une image réaliste de la complexité du monde, c'est généralement à l'aune du discours économique et de ses vérités simplistes que les décideurs économiques et politiques agissent. Et des éléments centraux de ce discours poussent à l'inaction en matière de changement climatique.

C'est d'abord le cas de la perfection du marché. Cette croyance, au même titre que la croyance en une divinité protectrice, est incompatible avec la perspective de la catastrophe à venir et nourrit le climatoscepticisme.
Plus précisément, la conception du marché comme institution immuable traduisant l'ensemble de l'information à chaque instant sous la forme de prix à partir desquels des consommateurs rationnels prennent leurs décisions revient à postuler que la société peut spontanément et instantanément s'adapter à toute perturbation. Une fois effacés les immenses problèmes posés par l'adaptation, il n'est plus surprenant que les économistes ne voient dans le changement climatique qu'un épiphénomène. Le rapport Stern, pourtant dénoncé comme biaisé et trop pessimiste par une bonne partie de la profession, calcule ainsi que les dommages pour un réchauffement de 8°C s’élèveraient à 6% du PIB mondial (pour comparaison, la crise de 2008 a coûté aux États-Unis 10% de leur PIB). Et à cette sous-estimation chronique, il faut encore ajouter l'actualisation qui estompe irrémédiablement les dommages futurs.

Une nouvelle étape est franchie lorsque les économistes se lancent dans une analyse coût-bénéfice. Le changement climatique est alors vu comme un avatar de la question économique classique : vaut-il mieux dépenser maintenant ou plus tard ? Ce qui conduit à calculer un "réchauffement climatique optimal" avec des résultats proprement absurdes : le modèle proposé par Nordhaus mène, par exemple, à un réchauffement "optimal" de 6.2°C !
Lors du dernier maximum glaciaire, une calotte de glace recouvrait la moitié de l'hémisphère nord alors que la température n'était inférieure que d'environ 5°C à celle d'aujourd'hui : personne ne peut dire à quoi ressemblerait un monde réchauffé de 6°C. Mais enfermé dans l'illusion de connaissance que procurent ses équations, l'économiste, lui, aborde cette perspective avec optimisme et légèreté...


En conclusion


Avant de conclure son ouvrage, Antonin Pottier envoie une dernière pique au marché du carbone et au rêve d'un prix unique planétaire. Il y voit l'archétype des fausses solutions dans lesquels les économistes se complaisent sans aucun égard pour la réalité et ses nombreux écarts avec les modèles.

Au final, le réquisitoire est rude mais bien argumenté et plutôt accessible (quelques passages risquent cependant de vous paraître ardus si vous n'avez pas un bagage minimal en économie). Mais malheureusement ce n'est qu'un réquisitoire. Après presque 300 pages passés à abattre l'économie classique, l'auteur ne consacre que quelques lignes, en conclusion, à ses alternatives. Or la pensée, au moins autant que la nature, a horreur du vide : ce qui fait la puissance des idées dénoncées dans cet ouvrage, c'est en grande partie l'absence de discours économique concurrent. On peut regretter que M. Pottier ne consacre pas plus de temps à nous en donner quelques bases.

D'autres livres sur l'écologie, le développement durable ou l'énergie ? Consultez la bibliothèque !


Publié le 23 septembre 2016 par Thibault Laconde

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